Le débat entre les professionnels agricoles sur le bilan de santé de la Pac se déplace au fil des semaines sur le terrain de la sémantique. À la « convergence » des aides prônée par les céréaliers, Henri Brichart, président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) préfère le terme de « rapprochement ». « La convergence des aides ne me plaît pas car elle va vers une prime unique à l’hectare », souligne le président qui réclame « plus de rééquilibrage pour certains » comme les producteurs de lait de montagne. La FNPL réclame la mise en place d’une aide dans le 1 pilier de la Pac de 40 euros/1000 litres pour ces éléveurs en zone difficile.
La FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) se dit « gênée » par le principe de convergence présenté par les céréaliers dans le cadre de l’application française du bilan de santé de la Pac. Et pour cause, le secteur laitier a toujours fait le choix des hommes et non pas des hectares, explique le directeur de la FNPL, Gilles Psalmon. Et le concept de convergence conduit inexorablement vers une aide unique à l’hectare. Les producteurs de lait seraient ainsi pénalisés. « C’est pourquoi, cette notion d’actif est primordial », renchérit Henri Brichart, le président du syndicat qui estime que la Pac a besoin de « rééquilibrage ». Le nombre d’actifs est « un moyen de corriger cette aide unique à l’hectare ». « C’est une sorte de prime aux premiers hectares », résume le président qui espère que la prise en compte du nombre d’actifs sera possible dans le règlement européen.
« Enjeu de survie »
Même si cette question de rééquilibrage des aides est « compliquée » car les soutiens dans la production laitière sont « très hétérogènes », il ne faut pas en rester là. A ce rééquilibrage des aides doit s’ajouter un niveau supplémentaire avec « plus de rééquilibrage pour certains ». Les producteurs de lait de montagne et de piémont qui représentent 20 % des éleveurs laitiers doivent être plus aidés que les autres. « C’est un vrai enjeu de survie », explique Henri Brichart. Ces producteurs dégagent un revenu situé en moyenne entre 10 à 12 000 euros/ an contre 20 à 25 000 euros pour les éleveurs localisés dans des bassins de production moins difficiles. La FNPL propose une aide supplémentaire de 40 euros/1000 litres, résultant de l’utilisation de l’article 68 de « la boîte à outils » négociée par le ministre Michel Barnier.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« L’herbe productive »
La FNPL souhaite également « un geste fort sur l’herbe », grande « oubliée » de la réforme de la Pac de 1992. Ce geste fort doit s’inscrire dans le premier pilier économique de la Pac et non le deuxième pilier dont les aides sont limitées par des niveaux de « chargement » (nombre d’UGB ; unité gros bovins par hectare). La FNPL plaide pour une aide de 100 euros/ ha destinée à « l’herbe productive ». L’objectif est d’utiliser l’article 64 et de « cibler » le volume d’aides ainsi découplées. Si la FNPL se montre favorable à un prélèvement sur les aides au maïs fourrage, l’idée défendue est d’avoir en quelque sorte un retour sur prélèvement. « N’oublions pas que les éleveurs laitiers sont aussi des scopeurs », s’est expliqué Henri Brichart. Toute la question est de rendre le prélèvement des aides dans le but d’un rééquilibrage acceptable. Selon lui, le principe de « rééquilibrage des aides est acté à la FNSEA ». Reste à en connaître les modalités.