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Revenu laitier La FNPL s’engage à faire remonter le prix du lait

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Le 13 décembre, la FNPL s’est engagée à défendre une augmentation du prix du lait payé au producteur. La forte baisse du revenu des éleveurs laitiers relevé par la commission des comptes de l’agriculture inquiète le syndicat sur l’avenir de la production. La FNPL appelle donc l’industrie française à revaloriser la rémunération des producteurs et à moderniser son outil industriel pour enfin profiter des opportunités du marché mondial.

«Nous avons beaucoup de craintes en ce qui concerne les éleveurs spécialisés en production laitière », a alerté Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) le 13 décembre, lors d’une conférence de presse. En effet, les chiffres du revenu agricole publiés le 12 décembre par la commission des comptes de l’agriculture font état d’une baisse de 12 % du résultat courant avant impôts par actif non salarié dans le secteur laitier. Et ce chiffre n’est qu’une moyenne dans un paysage laitier français très divers, rappelle Thierry Roquefeuil. « Il y a aussi une diversité au niveau des entreprises, certaines se sont déconnectées du prix moyen français », a tenu à rappeler Thierry Roquefeuil. Deux acteurs majeurs de la filière laitière française, Sodiaal et Lactalis, ont en effet baissé à la fin du mois de septembre la rémunération de leurs éleveurs par rapport aux indicateurs fournis par l’interprofession laitière.

Un prix de 340€ en janvier

Seul moyen pour rétablir le revenu des éleveurs : appliquer un prix de « 340€/1 000 litres » en janvier 2013, défend la FNPL. Et pour justifier cette revendication, la fédération s’appuie sur un calcul des plus simples : « Depuis un an, le prix de l’aliment a augmenté de 30€/1000 litres », pour que le prix du lait reflète les réalités du marché, il faut donc ajouter ces 30€ aux 310€ payés en moyenne aux éleveurs en 2012. Une demande que devra accepter la transformation si elle veut assurer ses approvisionnements à moyen terme, croit la FNPL. Car « s’il n’y a pas de prix, il n’y aura pas de production », a tenu à prévenir Jean Turmel, secrétaire général adjoint de la FNPL. Un arrêt de la production qui pourrait arriver très rapidement selon Thierry Roquefeuil : sans amélioration de leurs revenus, « les producteurs se tourneront vers d’autres productions dès le printemps prochain », anticipe-t-il. Mais pour augmenter durablement le prix du lait, « la transformation laitière doit se remettre en cause », a-t-il lancé. Cette année, « certaines entreprises ont travaillé de façon irresponsable », a enfoncé le président de la FNPL. En effet, pour la fédération, la chute du revenu des éleveurs est avant tout la conséquence directe de mauvais positionnements stratégiques de la part de la transformation laitière française. « Notre appareil industriel a tardé à s’adapter », a regretté André Bonnard, trésorier de la FNPL, conséquence, la filière française n’est pas prête à affronter le marché mondial. « On est en train de passer à côté d’une réelle opportunité », a-t-il lancé. Une erreur qui coûte cher au producteur lorsque l’on sait qu’ « à chaque fois que le prix du lait a augmenté, c’est parce que le beurre et la poudre avaient augmenté. Le marché intérieur, lui, est en baisse depuis 10 ans », a insisté André Bonnard.
 
(Voir tableau, le résultat courant de la Ferme France) 

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