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Élevage La FNSEA annonce la poursuite de ses actions pour défendre les éleveurs

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La FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont fait un état des lieux de la situation des éleveurs en France dans une conférence de presse le 26 octobre. Afin de faire monter les prix à la production, les syndicats lancent un ultimatum « aux acheteurs » et continuent leurs actions.

Dominique Barreau, secrétaire général de la FNSEA, est revenu sur la situation critique de l’élevage français en porcs, bovins viande et volailles dans une conférence de presse, le 26 octobre dernier. Au-delà de la poursuite des actions syndicales, il a annoncé qu’un courrier serait adressé à Philippe Chalmin, président de l’Observatoire de la formation des prix et des marges, dans le but « de lui préciser nos attentes » et de « lui soulever quelques lieux d’investigation intéressants, notamment en charcuterie. Nous sommes là pour l’aider s’il a des soucis dans la transparence ». Les éleveurs de porc, bovins et volaille, en crise pour certains depuis trois ans, attendent une hausse de leurs prix d’achat au travers d’une meilleure répartition des marges au sein des différents opérateurs de leurs filières. Jean-Bernard Sallat, secrétaire général adjoint des Jeunes agriculteurs, était venu confirmer les dires de Dominique Barreau, accompagné de Paul Auffray, secrétaire général de la Fédération nationale porcine (FNP), Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la Fédération nationale bovine, et Christian Marinov, directeur du Comité national pour la promotion de l’œuf. Tous ont rappelé la date de l’ultimatum pour une hausse des prix, le 15 novembre, lancé aux abatteurs, transformateurs et industriels ainsi qu’à la grande distribution. « Le problème n’est pas dans l’envolée du prix des céréales qui n’est pas un mal français. Il est dans l’augmentation du prix de revient », continue Dominique Barreau. Il rappelle qu’« en 15 ans, le prix producteur, en viande bovine, est resté le même alors que le prix au consommateur a augmenté de 40%. En porc, 6 kilos de saucisse sèche ou 5 kilos de jambon payés par le consommateur payent un cochon de 90 kilos ! ». De plus, 1/3 des producteurs de porcs sont proches du dépôt de bilan et, en bovins viande, la moyenne des revenus est très inférieure à 12 000 euros par an. Certains éleveurs de porcs ont des encours de plus de 150 000 euros, ce qui se répercute en aval chez les fournisseurs d’aliment du bétail. « En volaille, seuls ceux qui ne réinvestissent pas s’en sortent », continue-t-il avant de préciser qu’« il doit bien y avoir une part de marge, en aval, pour payer le producteur ».

L’évolution des cotations, signe d’un message entendu

Paul Auffray revient sur les dernières actions syndicales : « On sent un frémissement, une prise de conscience dans la filière par rapport au label Viande de porc française (VPF). Par contre, le problème de l’indication d’origine de la viande n’est pas réglé. Cela signifie que les industriels ont toujours la liberté de jouer sur les niveaux d’importations pour peser sur les prix français ». La FNP a essuyé « un refus catégorique » des industriels face à cette indication d’origine. De manière plus globale, « les industriels et les distributeurs se regardent en chien de faïence. “Si tu bouges, moi je bouge”, etc., aussi la situation n’évolue pas. Cela leur sert, bien sûr, mais au détriment de la filière. » Il reprend : « Notre objectif n’est pas de leur déclarer la guerre mais de durcir le ton » tout en restant « citoyen ». Il reconnaît cependant qu’en région, « on sent une certaine exaspération ». Pour Dominique Barreau, la date du 15 novembre permettra de voir « si le message est passé », en observant les cotations durant les trois semaines à venir. « En bovin, une hausse de +0,05€/kilo serait souhaitable », selon lui. Par ailleurs, une assemblée générale de la FNSEA doit se tenir trois jours avant. Mais surtout, la négociation avec la grande distribution pour définir les prix des produits agroalimentaires de l’année 2011 devrait avoir lieu dans les jours précédents. En attendant, les opérations de stickage en grande surface continuent et de nouvelles actions syndicales ciblées auront lieu dans les jours à venir.

Note : dans Agra Presse du 25 octobre, page 26, Pierre Halliez était qualifié de président du Sniv (Syndicat des industriels de la viande). Il en est directeur général. Jean-Paul Bigard en étant président

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