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Syndicalisme La FNSEA plaide pour une agriculture « pilier de l’économie »

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Défendre la place de l’agriculture dans l’économie auprès du gouvernement est un moyen pour la FNSEA, quelque peu « secouée » ces derniers temps, de peser dans les futurs débats agricoles. Et ils ne vont pas manquer en 2010 avec la loi de modernisation, la PAC de l’après 2013… L’oubli agricole de Nicolas Sarkozy dans son discours économique de Cholet a irrité Jean-Michel Lemétayer. En 2010, il faudra faire avec une agriculture qui n’est pas « seulement un sujet de ruralité » mais un « pilier de l’économie » a-t-il dit. En clair, il faudra faire avec la FNSEA.

De mémoire de syndicaliste, on n’avait jamais connu une « pire année que celle de 2009 ». Et « le contexte de 2010 ne va pas être simple ». Tels ont été les propos réalistes de Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, à l’occasion de ses vœux à la presse, le 7 janvier. Syndicalement parlant, « on n’a pas toujours obtenu les résultats souhaités », a avoué le leader du syndicat même si de « vraies avancées » sur certains dossiers comme l’observatoire des prix et des marges ont été enregistrées. Le contexte compliqué de 2010 se traduit notamment par la mise en œuvre du bilan de santé et la préparation de la Pac de l’après 2013… Évidemment, la FNSEA soutient le ministre Bruno Le Maire et son « appel de Paris » regroupant les pays européens défenseurs de la régulation. Par contre, Jean-Michel Lemétayer se montre plus sévère à l’encontre de Nicolas Sarkozy. L’oubli « agricole » du chef de l’Etat lors de son discours de Cholet, devant les forces économiques du pays, a irrité le président de la FNSEA.

Un « grand » secteur économique
« C’est une très mauvaise économie, lorsqu’on parle d’économie, d’oublier l’agriculture », a-t-il martelé, défendant ce « pilier » de notre économie. « Ce n’est pas seulement un sujet de ruralité », a-t-il ajouté ne manquant pas de rappeler que l’annonce du chef de l’État concernant la protection du patrimoine personnel des artisans et commerçants est une vieille revendication de la FNSEA pour les agriculteurs.
Défendre ainsi la place de l’agriculture dans l’économie auprès du pouvoir en place est un moyen pour la FNSEA, quelque peu « secouée » ces derniers temps, de peser dans les futurs débats agricoles. « Les ponts ne sont pas rompus avec le gouvernement », a-t-il expliqué en réponse à Christophe Terrain, président de l’AGPM qui parlait, le 7 janvier, de rupture du dialogue constructif avec l’ensemble des autorités. La preuve, « j’ai obtenu du Premier ministre François Fillon l’assurance que l’agriculture sera toujours considérée comme un secteur particulier pour l’exonération de la taxe carbone », a-t-il ajouté. En clair, pour Jean-Michel Lemétayer en 2010, il faudra compter avec la FNSEA d’autant qu’elle initie une réflexion sur le « fonctionnement de notre syndicalisme majoritaire » (Cf encadré). La fédération, en l’espèce chaque président de FRSEA, ira aussi à la rencontre des têtes de liste aux élections régionales.

Flexibilité des aides Pac
Face à une année de crises agricoles sans précédent due à la volatilité des marchés, la réponse du président de la FNSEA est « la flexibilité des aides », a lancé Jean-Michel Lemétayer. « La Pac doit évoluer », a-t-il ajouté. Une flexibilité des aides dont ne veulent pas entendre parler les céréaliers d’Orama, déjà ulcérés par le bilan de santé de la Pac. Pour le président de la FNSEA, « s’il n’est pas question de remettre en cause le rééquilibrage des aides, l’effort à supporter pour les producteurs de grandes cultures n’est possible que si les marchés deviennent meilleurs ». Or « la tendance pour 2010 de l’amélioration des marchés est loin d’être suffisante », affirme-t-il. Au sujet du plan de soutien à l’agriculture de Nicolas Sarkozy, Jean-Michel Lemétayer réclame la fongibilité des enveloppes bancaires car les prêts à la trésorerie ont été fortement « sollicités ».

« Il me faut déjà finir l’année 2010 ! »
Interrogé sur son avenir au sein de la FNSEA en 2010 Jean-Michel Lemétayer répond, en forme de boutade, qu’il « faudra déjà qu’il finisse l’année ! ». Une manière de montrer que les turbulences dont a été victime la FNSEA ne lui font pas perdre son « sens de l’humour ». Alors qu’il était presque entériné qu’il n’irait pas au bout de son dernier mandat qui finit en mars 2011, le leader de la FNSEA donne le sentiment de se laisser plus de temps. « Il est possible que je juge opportun de ne quitter mon mandat qu’au congrès de 2011 », a-t-il déclaré. « On ne quitte pas la présidence de la FNSEA n’importe comment », a-t-il expliqué, soucieux de l’avenir de la « maison FNSEA ». « Il n’y a pas de date », a-t-il ajouté. Seul lui la connaît.

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