Le syndicat alignera, d'ici 2016, son organisation sur le nouveau découpage territorial et fera passer le nombre de ses fédérations régionales de 22 à 13. Le syndicat travaille parallèlement sur son « organisation interne », au travers d'un projet nommé Archimède.
En congrès, du 24 au 26 mars, la FNSEA a annoncé qu'elle alignera son organisation interne sur la réforme territoriale, qui fera passer le nombre de régions de 22 à 13, lors des prochaines élections régionales, en décembre. Cette annonce intervient alors même que le syndicat travaille sur son organisation interne, au travers d'un projet appelé Archimède, dont l'enjeu est de savoir « comment s'organiser en tant qu'organisation syndicale pour être entendu auprès des pouvoirs publics et assurer une proximité avec les adhérents », a expliqué son président Xavier Beulin, lors d'une conférence de presse, le 25 mars. Dans un premier temps, la FNSEA veut se mettre en ordre de bataille pour les prochaines élections régionales, « être en mesure de faire des propositions aux futurs candidats », comme l'explique Dominique Barrau, secrétaire général. Aux futurs présidents de ces fédérations régionales, Xavier Beulin propose ensuite qu'ils animent les Conseils de l'agriculture française (Caf) régionaux, des entités qui regroupent le syndicalisme majoritaire (chambres d'agriculture, syndicats, coopératives, crédits agricoles, mutuelles, et jeunes agriculteurs) dans chaque région. Cette entité, le Caf, « bien structurée au niveau national », estime X. Beulin, les présidents de fédération régionale doivent « en prendre le leadership » au niveau régional. La FNSEA souhaite également que les présidents régionaux « participent activement à l'élection du futur président de la chambre régionale (d'agriculture, ndlr) » et aient une « place réelle dans le Ceser » (conseil économique et social régional), a expliqué Daniel Prieur, « au risque de perdre le leadership ». Une réflexion est également lancée sur la pertinence d'une échelle intercommunale, où se prennent des décisions comme les schémas d'aménagement de la gestion des eaux (Sage), a expliqué Xavier Beulin.
Un socle minimum de service
Autre pan du projet Archimède, l'offre de services. Daniel Prieur a présenté, le 25 mars, la stratégie de service du syndicat, « partie intégrante des missions du syndicalisme », selon lui. Il a annoncé que les adhérents auront accès en 2016, à « un socle minimum de service » comprenant dans un premier temps : les services de paie et droit des sociétés. Pour le syndicat, les services ont plusieurs rôles : « Faire gagner nos adhérents en autonomie dans la gestion de leurs exploitations face à un environnement juridique, fiscal, social de plus en plus complexe ». Mais c'est aussi « un moyen de pousser la porte, d'entrer dans les fermes, de créer du lien ». Ils permettent aussi de « maîtriser techniquement les dossiers en lien étroit avec les exploitants, pour porter syndicalement les sujets ». « Comment échanger avec un DDT sur les règles de la Pac si une FDSEA a perdu l'appui des adhérents lors du montage des dossiers ? Comment porter des revendications fiscales par exemple, si aucun fiscaliste n'est en prise directe avec les paysans à la FDSEA ? », expose Daniel Prieur. Enfin le syndicat se fixe pour objectif d' « optimiser les coûts de productions », par la « mutualisation » afin de baisser le coût des services. « En mutualisant, nous pouvons aussi nous doter collectivement de compétences que, seuls, nous pourrions nous offrir », explique Daniel Prieur, qui propose, en conclusion, de passer des conventions avec la chambre d'agriculture, « partout où cela sera possible », en prenant exemple des FDSEA de l'Aveyron, de l'Hérault et du Doubs.
L'AGPB pas opposée à un cinquième bloc
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Durant le congrès de la FNSEA, le 25 mars, le président de l'AGPB (producteurs de blé), Philippe Pinta a expliqué qu'il n'y était pas opposé. « Je pense que cela pourrait augmenter le volumes d'assurés », estime-t-il. Le vice-président et chargé du dossier à la FNSEA, Joël Limouzin s'est dit ouvert à la discussion : « Attention à ne pas créer une dizaine de blocs », a-t-il néanmoins prévenu. Il souhaite, qu'avant « de réfléchir à créer un nouveau bloc », des réflexions soient menées « pour remettre de la souplesse dans le dispositif actuel grandes cultures, sur le capital assuré par exemple ».
« L'entité FRSEA Massif Central doit être conservée, afin de défendre nos spécificités », plaide Pascal Lerousseau, secrétaire général de la FRSEA Massif Central, lors du congrès de la FNSEA à Saint-Etienne, le 25 mars. Cette fédération est actuellement à cheval sur deux régions, Auvergne et Limousin, respectivement rattachées aux régions Auvergne-Rhônes-Alpes et Poitou-Charentes-Aquitaine-Limousin. Dans la Creuse, département où Pascal Lerousseau est président de la FDSEA, « le centre de décision se déplace à Bordeaux. Cela va poser des problèmes de transport, de proximité ». L'entité FRSEA Massif Central aura pour mission d'aller défendre la cause du Massif Central à Lyon et à Bordeaux, explique-t-il.
Au cours d'une table ronde intitulée « sécurisation des exploitations », le 25 mars au congrès de la FNSEA, Patrick Bénézit, membre du bureau de la Fédération nationale bovine (FNB) a demandé une « expertise partagée », sur l'indice qui servira à déclencher et calculer les indemnités de la future assurance « prairies », qui doit être dévoilée avant le début de la campagne 2016. « L'Institut de l'élevage peut participer », propose l'éleveur. Il a rappelé que pour la FNB, la franchise de 30% était trop élevée, mais reconnu que « le fonds de calamité ne suffit plus »