Des négociations commerciales aux élections aux chambres d’agriculture, en passant par le projet de loi des États généraux de l’alimentation, la FNSEA se prépare à un agenda 2018 chargé.
Le syndicat majoritaire débutera l’année par la mise en place des feuilles de route des filières, dont la présidente Christiane Lambert a salué « l’ambition et le travail de réflexion » lors de la présentation de ses vœux le 9 janvier.
La FNSEA devra également faire appliquer la charte de bonnes pratiques qui concerne les négociations commerciales en cours. La présidente de la FNSEA a annoncé qu’elle avait écrit au ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, et à la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, Delphine Gény-Stephann, pour leur demander une réunion « au plus vite » du comité de suivi des relations commerciales (pouvoirs publics et acteurs privés). Le syndicat espère aussi entendre le président de la République : « Il ne peut pas dire à Rungis que la guerre des prix ne fait que des perdants, et laisser les négociations se dérouler ainsi ». La FNSEA annonce des actions syndicales sur ce thème cette semaine et la semaine prochaine. Pour Christiane Lambert, « c’est un peu le baroud d’honneur de certains distributeurs ».
La FNSEA doit ensuite présenter « la première panoplie » de son contrat de solutions pour limiter l’usage des produits phytosanitaires, fin février. Elle devra ensuite défendre auprès des parlementaires le projet de loi sur les États généraux de l’alimentation. « Grâce à la loi nous avons la possibilité de construire le prix en marche avant et de donner de la visibilité », estime Christiane Lambert.
Loi de transformation des entreprises : la FNSEA veut y inclure l’épargne de précaution
La FNSEA a aussi annoncé qu’elle veut inclure dans le projet de loi de transformation des entreprises une réforme de la fiscalité de « l’épargne de précaution ». Ce projet de loi doit être écrit courant janvier, et débattu dans les hémicycles au printemps. Le syndicat porte depuis plusieurs mois une nouvelle réforme de « l’épargne de précaution », c’est-à-dire du dispositif actuel de dotation pour aléas (DPA) jugé aujourd’hui inefficace. Instituée en 2002 et révisée dernièrement en 2012, cette mesure incite fiscalement les exploitants agricoles à constituer une épargne de précaution comme outil de gestion des risques.
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La FNSEA présentera sous peu une charte d’utilisation des données
La FNSEA présentera, dans quelques semaines, une « charte d’utilisation des données » des exploitations agricoles, a annoncé le 2e vice-président du syndicat, Henri Bies-Péré. La FNSEA souhaite notamment que les opérateurs concernés (constructeurs de tracteurs, fabricants de salles de traites, etc.) puissent expliquer aux agriculteurs l’usage qu’ils font des données récoltées chez eux. Une démarche qui ressemble à celle de son équivalent américain, le Farm Bureau, qui a édité en 2014 une charte de ce type, après avoir trouvé un accord avec les fournisseurs de technologies agricoles (ATP) sur « la confidentialité et la sécurité des données ». La FNSEA souhaite par la suite porter ces travaux à l’échelle européenne.
Élections aux chambres d’agriculture : « Ne jamais être serein »
L’année devrait se terminer par la campagne des élections aux chambres d’agriculture, dont le scrutin est prévu en janvier 2019. « Il ne faut jamais être serein, toujours au travail et à l’écoute », annonce la présidente de la FNSEA. Christiane Lambert reconnaît qu’après plusieurs années de crise, « c’est plus difficile quand on est majoritaire, mais cela ne nous empêche pas d’être ouverts ». Le 2e vice-président nuance : « Ce sont des élections départementales, pas des luttes d’appareils nationales. C’est l’accompagnement concret des réseaux départementaux qui sera mis en avant, avec une dimension régionale cette année. Nos équipes ne se font pas rabrouer, le bilan pourra être défendu ».
Lors de son allocation, la présidente de la FNSEA a insisté sur la volonté du syndicat d'« accompagner plus et mieux ceux qui décrochent, pour que le quart inférieur remonte à la moyenne ». La FNSEA veut « être à même, grâce à notre réseau, de détecter les situations délicates ».