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Bilan de santé La FNSEA tente de mettre les parties prenantes d’accord

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Le débat sur les choix français dans le cadre du bilan de santé de la Pac est de plus en plus difficile. Pour la FNSEA, il s’agit de maintenir un semblant de cohésion malgré des dissensions en interne de plus en plus vives. Un contexte délicat que Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA surmonte en faisant de la politique. Pour n’oublier personne, il a défini plusieurs défis. Pour mettre tout le monde d’accord, il a fixé un préalable au gouvernement. Il faut 300 millions d’euros pour le second pilier de la Pac.

«Je ne joue pas de la calculette », a prévenu Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, lors de la présentation, le 12 février, des options du syndicat dans le cadre du bilan de santé de la Pac. D’autres le font déjà pour lui. Et c’est tout le problème d’un syndicat qui fédère toutes les productions agricoles en regroupant plus d’une trentaine d’associations spécialisées. Pour stopper court aux dissensions entre le monde de l’élevage et le secteur des grandes cultures mais aussi entre les zones de plaines et de montagne, Jean-Michel Lemétayer a décidé de faire… de la politique. « Les modalités françaises d’application du bilan de santé doivent répondre à une logique politique », a prévenu le leader de la FNSEA. Ce bilan de santé qui « n’est pas une nouvelle réforme » doit répondre à plusieurs défis.

Il s’agit de garder à la politique agricole sa dimension économique en maintenant le premier pilier de la Pac tout en consolidant la politique de correction de handicap en montagne. Sans oublier de faire « bouger les lignes » d’un système de soutien basé sur des références historiques depuis 1992 en introduisant plus « de souplesse et de réactivité ». Enfin, dans une tentative de réconciliation entre les éleveurs et les céréaliers, Jean-Michel Lemétayer estime « nécessaire de réaffirmer la cohérence des liens entre productions végétales et animales ». Les uns ayant besoin des autres.

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« Faire plus » dans le deuxième pilier

Un point de convergence plus évident entre les branches syndicales de la « grande maison » est le préalable financier que fixe la FNSEA au gouvernement. « C’est loin d’être neutre », a commenté le syndicaliste. En effet : 300 millions d’euros sont en jeu sur le second pilier. Cette somme se décompose en 200 millions d’euros franco-français actuellement affectés au développement rural et en 100 millions d’euros nécessaires à l’activation des fonds issus de la modulation additionnelle. Cela permettrait de « faire plus » dans le deuxième pilier, a souligné Jean-Michel Lemétayer, notamment pour l’agriculture biologique. Un plus qui ne serait plus à intégrer dans le premier pilier grâce à l’utilisation de l’article 68 (redistribution en faveur de productions en difficulté). « Il faut que le prélèvement soit acceptable pour les producteurs », voire même « progressif », résume le président de la FNSEA. À ce titre, « ces prélèvements ne doivent pas seulement s’effectuer sur les exploitants de grandes cultures », a plaidé Jean-Michel Lemétayer qui regrette qu’ils fassent l’objet « d’attaques incessantes ». Et, la « convergence » des aides aboutissant à un paiement unique à l’hectare un temps évoqué par le président de la FNSEA et défendue par les céréaliers est aujourd’hui bannie de son vocabulaire. Il préfère « rapprocher les modalités de soutiens » afin de rendre ses aides « légitimes » pour l’après 2013.

Le découplage total n’est pas une nécessité

Le préalable à la convergence qui est le découplage total des aides végétales et animales n’est pas une « nécessité » pour Jean-Michel Lemétayer. Quelles que soient les orientations choisies, « le seul avenir des paysans n’est pas d’avoir un bon DPU », affirme le président de la FNSEA. « Le paiement unique n’est pas une politique en soi », ajoute-t-il. De quoi mettre un peu de baume au cœur au syndicat Jeunes agriculteurs qui met toute son énergie à combattre la perspective d’une prime unique à l’hectare, synonyme de « course à l’agrandissement ». Une prime unique qui allait dans le sens de l’Histoire, il n’y a encore pas si longtemps. De toutes les façons, « il n’est pas possible que tout le monde soit content », conclut Jean-Michel Lemétayer. C’est ce qu’on appelle du réalisme politique.