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Forêt La forêt française en mal de valorisation

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La forêt française est la quatrième de l'Union européenne. Pourtant, la filière est en déficit commercial depuis plusieurs années.

LE prix moyen des forêts en France ne cesse de progresser depuis le début des années 2000. En 2013, un rapport de la FNSAFER (Fédération nationale des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural) et de Terres d'Europe Scafr rappelle qu'en 1997, le prix moyen est de 2 180 contre 3 930 euros l'hectare en 2012. L'année 2012 est particulière car le prix de l'ensemble des régions forestières françaises s'est orienté à la baisse. Mais il s'agit plutôt d'un réajustement après deux années de prix particulièrement élevés : « Entre 2009 et 2011, le prix des forêts enregistre une forte hausse (+17%), soutenu par un rebond de 24% du prix du bois et la poursuite de la hausse du prix des terres (+6%) ».

La Chine transforme le chêne français

Les prix sont soutenus par la demande nationale en bois. Des disparités énormes existent selon les espèces d'arbre et leur destination. « L'épicéa est l'essence la plus demandée devant le sapin », explique la DGPAAT (direction générale des politiques agricoles, agroalimentaire et des territoires) en 2011. Le bois issu de ces forêts de résineux est principalement utilisé dans la construction. « Pour le bois d'œuvre feuillu (chêne, hêtre), la demande est moins soutenue, avec une part croissante destinée aux exportations vers l'Asie », lit-on dans le rapport de la DGPAAT. Ces ventes inquiètent de plus en plus la filière qui y voient une perte de valeur ajoutée. Les exportations de ces feuillus tempérés ont ainsi augmenté de +23% en 2010. « Elles sont tirées par les grumes de chêne, emblématiques de la forêt française (+29%) », précisent les pouvoirs publics. À elle seule, la Chine absorbe 21% des exportations françaises. Les envois de bois français vers la Chine ont doublé entre 2009 et 2010.

La France achète des meubles chinois

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Ainsi, la ressource forestière française qui couvre 31% de la surface du territoire métropolitain (soit 16 millions d'hectares), n'est pas mise en valeur localement. « La France exporte des grumes et importe massivement des produits transformés à base de bois », s'inquiètent les trois ministères français en charge de la forêt (agriculture, logement et redressement productif), début 2014. La raison principale ? Les faiblesses structurelles des industriels du bois et le contexte de concurrence internationale « féroce ». Une problématique qui n'est pas sans rappeler la situation de nombre de filières agricoles et alimentaires (jambon, poulet) : la France exporte du brut et importe du transformé. Pour la filière bois, les chiffres sont édifiants : les pouvoirs publics estiment la valeur ajoutée créée par la filière forestière à 20,4 milliards d'euros en 2001 contre 15,2 en 2008. En termes d'emplois, même tendance à la baisse : selon les pouvoirs publics, la filière est passée de 343 400 équivalents temps plein en 2001 à 254 000 en 2008.

Les maillons industriels identifiés responsables du déficit commercial sont les filières « meubles » et « papier ». La DGPAAT relève que le déficit de la balance commerciale en meubles, principal responsable du déficit de la filière bois, a augmenté passant de - 1,9 milliard d'euros en 2009 à - 2,1 milliards d'euros en 2010. Les fabricants des pays de l'Est et de l'Asie du Sud-Est bénéficient de coûts de main d'œuvre moins élevés : ils montent en puissance sur le marché mondial, soutiennent les pouvoirs publics.

Carrefour international du bois : plus de 10000 visiteurs attendus

L'édition 2014 du Carrefour international du bois, qui se tiendra à Nantes du 4 au 6 juin prochain, devrait accueillir plus de 10000 visiteurs. « Le bois et les produits français seront à l'honneur », a déclaré Cécile Touret, commissaire général du Salon, à Paris, le 20 mars. 30% d'entre eux travaillent dans le commerce du bois, 25% sont des professionnels du bâtiment et 19% des industriels du bois. La filière bois française enregistre un déficit commercial de 6,1 milliards d'euros en 2012. « Un des objectifs du Carrefour est de faire venir un maximum d'acheteurs », explique-t-elle.