Quatre jours après avoir été déclarées en crise conjoncturelle, la fraise va mieux tandis que l’asperge continue à accuser des pertes et d’accumuler les stocks.
Déclarées en état de crise conjoncturelle par FranceAgrimer le 23 mars, la fraise et l’asperge remontent doucement, voire très doucement la pente. D’après l’AOPn Fraises et l’AOPn Asperges, la grande distribution semble respecter son engagement de mettre en avant l’origine France sur ces deux produits. Pour la fraise, « la hausse [des ventes] se fait de manière un peu plus correcte depuis le 25 mars », assure le président de l’AOPn Fraise Xavier Mas. « On est sur des prix relativement bas mais au moins, je pense que cette fin de semaine, on évitera de jeter de la marchandise. » Néanmoins les producteurs demeurent inquiets alors que le petit fruit rouge entre en pic de production pour six semaines. « La seule interrogation qu’on a c’est, est-ce qu’une fois que la fraise sera en linéaire, les consommateurs répondront présents et achèteront nos produits ? » confie Xavier Mas. Autre point d’inquiétude : « La problématique de la main-d’œuvre qui va se poser de manière de plus en plus pressante ».
« Des prix anormalement hauts dans certains magasins »
Pour les producteurs d’asperge, la situation est toujours très délicate. « On constate encore des prix au kilo anormalement hauts dans certains magasins (GMS ou primeurs) mais j’ose espérer que c’est juste un retard d’harmonisation des pratiques », indique l’animatrice de l’AOPn Asperges Astrid Étèvenaux. Autre point de vigilance : le prix d’achat au producteur ou au premier metteur en marché est « souvent beaucoup trop bas et ne couvre pas les coûts de production ». « Les producteurs préfèrent dans certains cas ne pas récolter plutôt que de vendre à perte », poursuit-elle.
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Concernant les volumes de pertes, l’AOPn Asperges ne dispose pas encore de chiffres mais cela s’annonce considérable. « Les producteurs des Landes qui sont en pic de production et ceux des autres bassins dont les volumes sont en pleine progression sont contraints de limiter leur volume (en ne récoltant pas certaines parcelles, en débutant, en broyant). Malgré cela, les stocks s’accumulent encore face au peu de demande des Français plus enclins à consommer des produits de nécessité et de conservation », analyse Astrid Étèvenaux.
Le 23 mars via le Réseau des nouvelles des marchés (RNM), FranceAgrimer déclarait l’asperge, la fraise gariguette et la fraise ronde en crise conjoncturelle. Une décision qui oblige les réseaux de distribution à baisser leur prix de vente au détail et à réduire leur taux de marge brute. D’après le document émis par France AgriMer, le prix de première mise en marché (cotation RNM au stade expédition) était anormalement bas pour l’asperge, car inférieur de 40 % par rapport à la référence hebdomadaire (moyenne olympique). Pour la fraise gariguette, il était inférieur de 27 %. Et pour la fraise ronde de 40 %.
Asperges : « les stocks s’accumulent encore »