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La France bientôt autosuffisante en céréales et protéagineux bio

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L’évaluation prévisionnelle des récoltes en céréales et protéagineux bio pour les trois prochaines campagnes donne à voir une France autosuffisante dès 2016, a annoncé Coop de France Agroalimentaire, le 3 juin.

Christophe Lecuyer, président de la commission filières biologiques de Coop de France, estime que la France sera autosuffisante en céréales (blé, maïs, triticale, orge) et protéagineux (pois, féverole) dès 2016 pour l’alimentation animale et dès 2018 pour l’alimentation humaine. Une étude prévisionnelle réalisée par Marianne Sanlaville, chargée de mission filières biologiques à Coop de France, et présentée le 3 juin affiche ainsi une hausse de la production de plus de 300 000 tonnes pour la campagne 2016-2017 à plus de 350 000 tonnes pour celle de 2018-2019. Si le débouché de l’alimentation animale sera plus vite desservi que celui de l’alimentation humaine, cela n’est dû qu’à la réglementation. En effet, « 30 % de matière première d’origine végétale issue des parcelles en deuxième année de conversion à l’agriculture bio peuvent entrer dans la composition des aliments pour animaux », rappelle Fabien Fouragnan, responsable bio de Sud-Ouest Aliment. Avec l’augmentation des conversions des exploitations agricoles à l’agriculture bio (+9 % de fermes en 2015, soit 28 900 exploitations) et celle de la demande (+15 % en 2015), « notre travail, c’est d’arriver à lisser les vagues de production », estime Christophe Lecuyer afin de structurer au mieux les filières, de conserver une bonne valorisation et surtout un prix stable.

Gérer les flux des filières bio pour conserver la valorisation

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Les matières premières issues des filières bio sont payées plus cher et surtout subissent nettement moins la volatilité des cours. De quoi attirer de nombreux agriculteurs en mal de prix rémunérateurs. Depuis 2008, les surfaces de grandes cultures converties au bio ont été multipliées par 2,5, selon Coop de France (304 500 ha en 2015). Christophe Lecuyer précise que cette autosuffisance permettra de réduire les importations, tout en sachant que « l’export n’est pas un objectif en lui-même ». Il n’exclut pas cependant, du fait de l’arrivée massive de la production française en lien avec la récente « vague de conversion », de vendre à l’étranger. Il reste même « vigilant sur une chute des prix » en France, reconnaît-il. Il craint également l’« indépendance » de certains producteurs de grandes cultures, habitués à vendre à des prix spot. « Ils pourraient vendre à des cours intéressants pour eux, mais au risque de déstabiliser le marché », explique-t-il. Le bio, c’est aussi un esprit coopératif ! Un esprit qui se retrouve dans le fonctionnement des coopératives bio où des échanges ont lieu entre les exploitants et la structure de mise en marché, afin de planifier au mieux les assolements. Plus de 550 coopératives et filiales sont engagées dans la filière bio, soit 30 % des producteurs bio français, 77 % de la collecte de céréales et oléo-protéagineux bio et 70 % de la production bio d’aliment pour animaux.