Après le vin ou les céréales, FranceAgriMer vient de lancer une veille internationale dont le résultat pour l’année 2013 a été présenté le 16 décembre. La France arrive en tête des dix pays étudiés.
FranceAgriMer (FAM) vient de lancer une veille concurrentielle sur le lait dont les résultats ont été présentés à la presse le 16 décembre. La France arrive en tête du classement avec 645 points sur 1000, devant la Nouvelle-Zélande (642 points), l’Allemagne (614 points) et les Pays-Bas (590 points). André Barlier, directeur des marchés, des études et de la prospective à FAM, précise que ce classement est valable pour 2013. Il faudra attendre encore deux ans pour obtenir les résultats de 2015. Pour Dominique Chargé, président du conseil spécialisé lait à FAM, « sa durabilité des ressources, sa maîtrise technique et sa capacité à conquérir les marchés » expliquent ce positionnement de leader de la France. Elle est par contre pénalisée par « une faible croissance de son potentiel de production » et « le coût du travail relativement élevé ».
Un leadership acquis grâce à l’industrie
« Cette position de leader est beaucoup liée à la performance des outils industriels français », lance Dominique Chargé. Yves Trégaro, chef de l’unité productions animales, confirme que « les côtés positifs sont plutôt du côté des industriels » (portefeuille de marché, positionnement des entreprises françaises, performance technologique, largeur de l’offre…). La France perd des points du fait de son coût de production, du taux d’endettement des éleveurs, de la faible croissance de sa production, etc. Pas de quoi faire plaisir aux producteurs en somme. Dominique Chargé avoue que le débat a été animé au sein du conseil, à la suite de la présentation des résultats. Pour lui, l’objectif de cette veille « est de susciter le débat et d’aller vers l’action ». Elle vient en complément d’un exercice de prospective, présenté il y a quelques mois. Il s’avoue surpris des résultats mais lance tout de même : « Quand on est leader, la difficulté, c’est de le rester ! ». D’ailleurs, il n’est pas dupe, depuis 2013, le leadership de la France en a pris un coup. Il n’imagine pas la France en tête de liste pour 2015.
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Un résultat qui prendra sens avec le temps
Si le résultat de la veille a de quoi remonter le moral de la filière, il est à prendre avec des pincettes. André Barlier explique la méthode, fondée en partie sur des dires d’experts. « Cette méthode est un mix entre des éléments rationnels et à dires d’experts. Elle résulte d’un consensus de la filière. […] Elle a vocation à se décliner chaque année et les évolutions de positions des pays les uns par rapport aux autres feront sens », explique-t-il. Les dix pays choisis représentent un tiers de la production mondiale de lait et deux tiers des échanges internationaux. Un comité de pilotage a défini sept axes, représentant chacun un des aspects de la compétitivité, axes déclinés en 42 indicateurs. Yves Trégaro reconnaît que les résultats de la veille ont « validé » des éléments que la filière connaissait déjà. L’étude a été menée par Business France, en réponse à un appel d’offres de trois ans de FranceAgriMer.