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Politique européenne La France essaie de reprendre la main sur la réforme de la Pac

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Secteur « stratégique », l’agriculture devra être « régulée » à l’avenir, estime le nouveau ministre français de l’Alimentation, de l’agriculture et de la pêche. Pour faire valoir cette ligne lors des négociations sur la réforme de la Pac pour l’après-2013, Bruno Le Maire veut s’appuyer sur une concertation forte avec l’Allemagne, à l’exemple de la lettre commune sur la crise du lait adressée à Bruxelles (1). Pour l’instant, à Berlin, on reste plutôt discret sur ce début de coopération bilatérale.

Bruno Le Maire, a expliqué à la presse, le 3 juillet à Bruxelles, qu’il avait eu la veille à Stuttgart un « contact très positif » avec son homologue allemande, Ilse Aigner, à l’issue duquel a été convenue la création d’un groupe de travail commun sur l’avenir de la Pac. Cette relation bilatérale « n’est pas exclusive, elle est ouverte », a tenu à ajouter le ministre français de l’agriculture, précisant qu’il comptait se rendre aussi au Royaume-Uni, au Portugal en Espagne, en Pologne, en Roumanie, etc.
« Mettre des régulations dans l’agriculture »
« L’agriculture est un secteur trop stratégique pour qu’on le laisse aux seules forces du marché », a insisté M. Le Maire, qui venait se s’entretenir à Bruxelles avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
« Nous avons vu avec le secteur financier ce qui se passe lorsqu’on laisse les seules forces du marché agir », a-t-il poursuivi, donc « nous devons mettre autant de régulations dans l’agriculture que dans le secteur financier ».
Le ministre français a prévenu que ce serait « le fil rouge » de l’action de son pays dans les années qui viennent, surtout en vue des discussions sur l’avenir de la Pac et de son budget.
Le maintien d’instruments de régulation forts, qu’il n’a pas voulu détailler à ce stade, doit permettre de garantir un « revenu stable et décent » aux agriculteurs, a souligné M. Le Maire, jugeant que la volatilité actuelle n’était pas « viable ».
L’an dernier, les agriculteurs français ont ainsi vu leurs revenus chuter de 20%.
Transparence des prix et stratégie de Lisbonne
Le ministre français a insisté sur un second point : la nécessaire « transparence des prix », et l’utilité d’un « observatoire à l’échelle européenne », projet sur lequel le président de la Commission de Bruxelles souhaite lui aussi « progresser ».
Enfin, M. Le Maire veut « mettre l’innovation et l’investissement au cœur de l’agroalimentaire et de l’agroindustrie ».
Une démarche qu’il propose d’inscrire dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne. Lancée par le sommet européen de mars 2000, celle-ci a pour objectif de « faire de l’UE l’économie la plus compétitive au monde ». S’y ajoutent un pilier social et un pilier environnemental.

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