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La France, future reine de la pêche ?

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Cultiver certains fruits devrait devenir plus facile en France qu’en Espagne. Mais l’Hexagone a beaucoup à apprendre des pratiques de son voisin ibérique, confronté de plein fouet au changement climatique.

La France sera-t-elle gagnante du changement climatique ? Pourrait-elle par exemple détrôner l’Espagne en devenant le premier producteur européen de pêches parce que le climat hexagonal sera plus favorable ? « On aimerait bien ! », rit le président de l’AOPn Pêche et abricot de France Bruno Darnaud. « Ça n’ira peut-être pas jusque-là, mais on se dit que pour faire des fruits à noyau, on n’a pas le climat le plus défavorable. »

Concernant la pêche, l’Espagne a essuyé plusieurs aléas climatiques inhabituels ces dernières années : gel et inondations en 2022 qui ont abouti à la campagne la plus faible de la décennie, et sécheresse en 2023 assortie de fortes restrictions d’irrigation. « L’Espagne a basculé il n’y a pas très longtemps avec un gros gel auquel ils n’étaient pas habitués. Puis ça s’est enchaîné. Ils ont commencé à avoir des petits soucis de canicule, des hivers où il n’y avait pas assez de froid ce qui a provoqué des mises à fleurs pas terrible. Ils sont un peu traumatisés par le fait qu’ils n’arrivent pas à produire autant qu’ils en ont l’habitude », confirme Bruno Darnaud.

Est-ce pour autant que les Espagnols se détourneront de certaines espèces ? Rien n’est moins sûr.  « La recherche sur la dormance et la diminution des besoins de froid est un sujet qui intéresse l’Espagne et sur lequel elle investit beaucoup », assure Iñaki García de Cortázar-Atauri, ingénieur de recherche à l’Inrae et directeur du laboratoire Agroclim.

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De plus, l’Espagne est connue pour le développement de vergers en zones semi-arides comme Saragosse et Soria. « On a beaucoup à apprendre de ces pratiques, où la production de pommes ou de cerises profite de chaque goutte d’eau disponible », indique le président du groupe coopératif Blue Whale Christophe Belloc.

« L’Espagne a de gros problèmes d’accès à l’eau et, dans certains endroits, de salinisation des sols. Mais elle a vraiment développé une très grande expertise sur l’irrigation en contraintes hydriques sévères, et elle a construit des filières, des marchés, mais avec des problématiques environnementales croissantes. À voir si nous voulons nous projeter de la même manière en France », estime de son côté Iñaki García de Cortázar-Atauri.

« Beaucoup à apprendre » des vergers semi-arides