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La France mise sur l’ONF pour contrer la disparition des hêtres sur le territoire

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La forêt de hêtre française subit déjà les conséquences du dérèglement climatique. Une journée agriculture et forêt organisée par le ministère de l’Agriculture au Bourget durant la Cop21, le 2 décembre, était l’occasion de présenter les solutions déjà mises en œuvre pour contrer la disparition continue des populations de hêtres en France. L’ONF sélectionne des arbres du sud, résistants, et les fait migrer vers le nord du pays.

« En France, la zone climatique de la hêtraie recule de dix kilomètres par an », a déclaré Brigitte Musch, directrice du service conservation des ressources génétiques forestières de l’Office national des forêts (ONF), lors de la journée consacrée au monde agricole et forestier par le ministère de l’Agriculture français à l’Espace génération climat au Bourget, le 2 décembre. Elle présentait des scénarios d’évolution des forêts de hêtres en France. « En 1970, les hêtres se trouvaient dans de nombreuses régions du territoire français », commente-t-elle. Une augmentation de la température de deux degrés, retenue comme objectif par les négociateurs de la Cop21, mènerait à une forte réduction de la surface de hêtres en France en 2030. Pire encore : une augmentation de quatre à six degrés en 2030 repousserait les hêtres hors du territoire français, à l’exception de la Lorraine et de la pointe Bretagne. Pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique, le projet Gionoé qu’elle a présenté, consiste à « sélectionner des forêts dans le sud », pour les « planter dans le nord ». Cette migration doit permettre « d’enrichir génétiquement les populations (d’arbres, ndlr) locales. »

Des moyens indispensables

Le défi pour maintenir les populations d’arbres n’est pas que technique. Et d’une manière générale, la gestion et le maintien des populations d’arbres sont un problème sans frontières, mais aux solutions très locales. Préserver la forêt en Amazonie (voir encadré), ce n’est pas la même chose qu’en France ou en Allemagne. En France, la structure de la forêt, très éclatée, peut être un frein pour sa gestion et notamment pour le maintien du hêtre sur le territoire. « Dans nos pays voisins, il y a davantage de forêt publique. En France, 75 % de la forêt est privée. C’est plus compliqué… », soutient Cécile Goube, secrétaire générale d’Alliance Forêt-Bois (coopératives forestières). En mai 2014, le CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux) a tenté une comparaison de la gestion forestière allemande et française. Ainsi, 56 % de la forêt allemande est publique, ce qui, selon les experts, facilite les prises de décision et leur application.

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La forêt française s’étend sur 15,7 millions d’hectares. La hêtraie représente 1,4 million d’hectares.

La Coica (indigènes d’Amazonie) mise sur l’agriculture pour préserver la forêt

« Nous sommes à même de préserver cette forêt avec nos systèmes ancestraux d’agriculture », a annoncé Jorge Furagaro, représentant de la Coica (coordination des organisations des indigènes d’Amazonie), lors de la présentation de l’Agenda des solutions de la forêt, le 1er décembre au Bourget. Face à Marc Bolland, p.-d.g. de Marks & Spencer, à Karsten Sach, ministre fédéral allemand de l’Environnement, et de nombreux autres représentants étatiques et privés, Jorge Furagaro poursuit : « Nous voulons un fonds pour les indigènes d’Amazonie. La plupart des fonds existants ne sont pas reversés aux peuples autochtones. »