Le marché chinois explose, y compris dans le domaine alimentaire, domaine encore prépondérant dans les achats des ménages, avec un engouement pour les produits de luxe. La notion de terroirs s’y développe et l’idéal des Chinois est de vivre comme les Occidentaux. Néanmoins, la part du marché agroalimentaire français n’est que de 1,16%, selon la Sopexa.
La Société pour l’expansion des exportations agricoles et alimentaires de la France a profité de la venue de son directeur de la zone « Grande Chine » (Chine + Taïwan), Xavier Pignel-Dupont, pour organiser une rencontre avec la presse le 11 janvier.
« Le rêve des 20-40 ans urbains est d’acheter une voiture de marque allemande, des marques de mode et de cosmétique de Paris, une montre suisse. Comparés aux produits chinois, les produits importés sont habituellement d’un meilleur design et de meilleure qualité», a relaté M. Pignel-Dupont.
Avec la croissance de l’économie, le marché chinois explose, dans une frénésie de consommation. Les moins de 35 ans représentent 54% de la population, contre 38% en France. Comme en Occident, les jeunes se marient de plus en plus tard, vivent chez leurs parents le plus longtemps possible pour pouvoir satisfaire un appétit de consommation plus auto-centrée que leurs parents, a ajouté M. Pignel-Dupont. Et l’agroalimentaire dans tout cela ? Il représente 60% du chiffre d’affaires de l’hypermarché type, hypermarché qui couvre 10 000 mètres carrés de surface, enregistre 10 000 à 15 000 débits par jour et emploie 500 à 600 salariés.
Fédérer les PME autour de « l’image France »
Tous les ingrédients d’une envolée des achats de la Chine à la France sont réunis, mais les Chinois sont séduits par les produits de marque, surtout proposées par les multinationales. Or l’agroalimentaire français est surtout composé de PME. Le souci des dirigeants de la Sopexa est de fédérer les nombreuses PME françaises autour de « l’image France ». Ce concept a une résonnance en Chine. Il est assimilé à la qualité et au luxe.
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L’urgence de travailler sur cette image est là, car dans le domaine des vins, les compétiteurs américains et australiens progressent plus vite que la France. La progression des ventes françaises de vins est de 54% sur le marché chinois quand celle des vins australiens est de 78% et celles des vins américains de 80%.
Les vins sont le premier poste d’exportation alimentaire pour la France en Chine. Les produits qui viennent juste après et qui sont sur un terrain moins concurrentiel sont les biscuits, les céréales pour petit déjeuner, le foie gras, selon M. Pignel-Dupont. Les Chinois sont rétifs aux produits laitiers comme le fromage, mais ils commencent à apprécier le beurre et la crème, via la restauration. La Sopexa forme des chefs cuisiniers chinois à utiliser ces produits.
« La notion de terroir telle que nous la connaissons en France n’est pas très éloignée de celle de province, que perçoit le consommateur chinois. En Chine, on parle du thé de Longjing, du jambon du Sutchuan, etc., a commenté Dominique Chardon, président de la Sopexa. À nous maintenant d’expliquer clairement cette notion ».