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La France reste à l’écart de la hausse du marché mondial des petits fruits rouges

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Dans bon nombre de régions du monde, la production de petits fruits rouges se développe pour faire face à une demande croissante. Elle reste stable en France où les filières cherchent pourtant les moyens de la dynamiser.

Le constat est sans appel. La France reste à l’écart de la hausse de production en petits fruits rouges dans le monde. C’est ce que révèle une étude économique réalisée en 2015 par le CTIFL, commanditée par l’Association de valorisation de la framboise française (AVFF), une association créée en 2011 qui rassemble cinq structures principales : Fruits rouges & Co (production et négoce) dans l’Aisne, Fruits rouges du Velay (GIE), Fruits rouges du Périgord (négoce), la Coccinelle (Gaec) en Isère et la coopérative Sicoly dans le Rhône. Selon cette étude intitulée « le marché de la framboise et ses principales tendances et la perception de la distribution », dans laquelle sont abordés les autres petits fruits rouges comme le cassis, la myrtille et la groseille, le marché connaît une grande mutation au niveau mondial.

La Russie n°1

Le CTIFL a établi une moyenne de production de 2011 à 2013 (source FaoStat). La Russie reste le leader en production de petits fruits rouges dans le monde avec 360 000 tonnes de framboises, 140 000 tonnes de cassis et groseille devant les États-Unis 210 000 tonnes en framboises, 100 000 tonnes en myrtilles et la Pologne avec 180 000 tonnes en framboises et 120 000 tonnes en cassis et groseille. Des pays émergent dans ce tableau et deviennent de nouveaux producteurs tels que le Mexique avec 20 000 tonnes de framboises.

La France reste à l’écart de ces hausses avec des productions assez faibles en framboises et cassis inférieures à 15 000 tonnes. « L’Espagne, ces dernières années, reste la zone de production la plus forte en termes de croissance en petits fruits rouges. Mais, cette évolution va s’orienter vers les pays du Maghreb, notamment le Maroc, dont l’objectif sera, à terme, d’approvisionner l’Europe », note Philippe Massardier, animateur au sein de l’AVFF.

L’Europe, marché ouvert

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L’association s’inquiète aussi du développement de la production de petits fruits rouges en Amérique du sud et en Amérique centrale (Chili, Mexique) : « Cela sous-entend que les pays européens sont, à terme, des pays destinataires de ces productions. L’Europe devient un futur marché avec un fort potentiel », note Philippe Massardier. L’évolution de la production française de framboise, de 2004 à 2014, donne aussi des signes d’inquiétude pour les producteurs français. La baisse des surfaces est significative, passant de 1 000 ha en 2004 à 650 ha en 2014.

Relancer la production française

Cette baisse n’a pas empêché la production de framboises de se maintenir en 2014 autour de 4 300 tonnes. La raison : l’évolution des modes de conduite qui se sont adaptées aux exigences de l’agriculture moderne.

L’Association de valorisation de la framboise française, qui rassemble 140 producteurs, compte mettre à profit cet état des lieux. « La production de framboise est une très grande utilisatrice de main-d’œuvre et permet le maintien de zones de productions spécialisées et de territoires actifs. Il s’agit de savoir comment la filière peut mieux s’organiser, se structurer pour faire émerger une production de petits fruits rouges d’origine française. »