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Viande bovine La France veut maintenir sa place en Italie

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Le marché italien de la viande bovine reste capital pour la France en terme d’exportations pour l’engraissement. Mais avec l’arrivée inévitable des viandes sud-américaines, sa place est menacée. La diminution des disponibilités internes italiennes pourrait cependant profiter aux importations françaises, à condition que l’offre suive !

« S’il y a un atchoum en Italie, c’est la France et tout le Massif Central qui éternuent », a plaisanté le président d’Interbev, Denis Sibille, à Clermont-Ferrand à l’occasion du Sommet de l’élevage le 6 octobre. Il entendait insister sur la place importante de l’Italie pour les marchés français de viande bovine, lors d’une conférence sur l’avenir des races à viande en Europe. L’Italie, depuis longtemps, absorbe une part importante des exportations françaises de broutards pour l’engraissement. Mais depuis deux ans, le marché accuse un certain recul.

Quelles perspectives pour la France dans ce marché ?

Selon l’Ofival, les exportations de bovins de plus de 80 kg destinés à l’engraissement en 2004 ont été moins élevées que les années précédentes. Avec 1,115 million de têtes, elles ont reculé de 131 000 têtes par rapport à 2003. L’Ofival estime que ce repli s’explique à la fois par une baisse des disponibilités liée au recul de la production française et par une diminution de la demande italienne et également espagnole. Selon Geneviève Cotto, de l’Institut de l’élevage, qui intervenait lors de la conférence, « la consommation italienne de viande bovine a diminué de 3 % en 2004», tendant à faire reculer les importations. Cependant, les prévisionnistes tablent sur une stabilisation en 2005. Mais, même si les importations ont progressé de 8 % sur le premier semestre, l’augmentation n’a pas beaucoup profité à la France. A l’image du reste des pays européens, les viandes bovines des pays du Mercosur ont fait une entrée en force en Italie. Les importations du Brésil et d’Argentine ont progressé de 12 % sur le premier semestre 2005, alors que celles de la France, des Pays-Bas et d’Allemagne diminuaient dans le même temps.

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Le cheptel allaitant italien en retrait

Selon l’Institut de l’élevage, la France pourrait pourtant conserver sa place en Italie. Les prévisionnistes prévoient une forte baisse du cheptel allaitant italien, dû au découplage des aides de la Pac. Avec un taux d’auto-approvisionnement en baisse (- 4 % depuis 2004), la diminution des disponibilités internes pourrait profiter aux importations françaises, à condition que l’offre suive ! La grande distribution italienne pourrait également contribuer à maintenir la place française en Italie. Selon Geneviève Cotto, « les distributeurs italiens ont depuis longtemps basé leur stratégie sur des viandes italiennes produites à partir de maigres français ». Mais Jean-Pierre Houssel, également de l’Institut de l’élevage, note que « les viandes sud-américaines font leur apparition dans les grandes surfaces». « Il ne faudrait pas qu’elles rentrent également via les marques distributeurs », ajoute-t-il. La France pourrait alors sérieusement en pâtir…