« La mobilisation de la ressource en eau sera l’un des grands rendez-vous du prochain ministre de l’Agriculture, y compris au niveau européen. C’est une question test, un sujet conflictuel » explique Martin Guespereau, directeur général de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse. Il poursuit : « Toute l’année 2011 a montré que c’est un sujet politique. En réalité, c’est plus large que la question de la mobilisation de la ressource en eau. L’agriculture doit réduire sa consommation d’eau, c’est vrai, mais elle a donc aussi un droit à avoir sur ce sujet. Le prochain ministère de l’Agriculture a rendez-vous avec la mobilisation de la ressource en eau ». Du côté des agriculteurs, Daniel Martin, président des irrigants de France, rappelle que « si la FNSEA a évoqué la nécessité d’un plan de stockage de l’eau de 300 millions de mètres cubes (Mm3) pendant la sécheresse de l’été 2011, pour le moment le gouvernement étudie la faisabilité de plusieurs projets constituant 40 millions mètres cubes ». Ce qui est « mieux que rien », pour Daniel Martin. Cependant, il estime qu’aujourd’hui 150 millions de mètres cubes « sont bloqués par l’administration » principalement en raison de contraintes environnementales. Selon lui, l’équité entre tous les usagers pourrait demain être réglée par l’attribution de quantités annuelles pour chaque groupe d’usagers. À ce sujet, Martin Guespereau ajoute que « la gestion quantitative est un sujet qui reste nouveau ». D’après lui, « dans le contexte actuel, on ne peut pas rêver de grandes infrastructures de stockage d’eau qui seraient financées par l’Etat et les particuliers, or, des solutions intelligentes sont possibles sur le terrain ».
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