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Viticulture La Gironde inquiète pour l’avenir des viticulteurs

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Le département de la Gironde a présenté le 17 octobre les aides qu’il accorde à la viticulture bordelaise en difficulté. Le chiffre d’affaires de la filière régresse ainsi que le revenu des agriculteurs. Un nombre grandissant d’entre eux demande le RSA, selon le Conseil général.

La viticulture bordelaise est dans une mauvaise passe même si la situation tend à s’améliorer en 2011, grâce à une nette reprise des exportations. La commercialisation des vins de Bordeaux s’établissait en 2009 à 4,96 millions d’hectolitres (sur une production de
5,75 Mhl) contre 5,65 Mhl en 2008, et 5,7 Mhl en 2007. Sur la campagne 2010-2011, les volumes commercialisés ont grimpé de 9% à 5,43 Mhl (sur une production 2010 de 5,65 Mhl). Mais le marché n’est pas revenu au niveau de 2008 (-200 000 hl). La hausse porte surtout sur la vente en bouteille mais le vrac représente 50% des volumes commercialisés. Or, un tiers des ventes de Bordeaux rouge en vrac s’est effectué au-dessous de 749 euros le tonneau en 2010. Le prix moyen du tonneau (900 litres) sur la campagne était de 930 €.

Plus de la moitié des viticulteurs en difficulté

« Ce prix ne permet pas d’atteindre le seuil de rentabilité dans toutes les exploitations », selon Philippe Madrelle, président du Conseil général.
« Sur les deux années 2008/2009, 20 % des viticulteurs girondins déclaraient un revenu négatif et 40 % en dégageaient un inférieur au Smic. Un nombre croissant d’exploitants est désormais amené à solliciter le RSA. Face à ces données alarmantes, il m’a paru légitime de renforcer notre accompagnement (…) de la vigne aux chais, de la promotion à la vente », a t-il ajouté.
Le département a décidé d’apporter 2 millions d’euros d’aides en 2011 et autant en 2012. Il a annoncé qu’au 1er novembre 2011, 90% de l’aide pour l’année aurait été distribuée. Elle concerne 169 dossiers pour financer 81 projets d’investissement (subvention de 750 000 €) et 88 dossiers de fonctionnement (subvention de 910 000 €). Des dossiers concernent des structures individuelles et collectives : 90 projets de caves particulières (300 000 €), 33 projets de caves coopératives (600 000 €), 12 projets de CUMA (37 000 €), 34 dossiers d’associations, groupements ou OPA (720 000 €). Les actions à vocation commerciale mobilisent 470 000 € de subvention. Dix-huit coopératives ont développé 33 projets pour 2670 adhérents (16 400 ha de vignes, 900 000 hl) grâce à une subvention de 550 000 €.

Quelque 30 000 ha de vignes sans perspective

Le département réfléchit également à un problème plus structurel. La Gironde compte 8 700 viticulteurs exploitant 117 500 ha (environ 5 000 ha ont été perdus depuis 2000) pour un chiffre d’affaires de 3,7 milliards d’euros (2010) et à l’origine de 55 000 emplois indirects.
Or, parmi ces chefs d’exploitations, plus d’un quart a plus de 50 ans et ce quart possède 52% des surfaces. Seulement 31% des plus de 50 ans ont un successeur connu, 18% n’ont pas de successeur et se résignent à voir leur exploitation disparaître, 51% sont dans l’inconnu. Ce qui équivaut à 30 000 ha de vignes sans perspective à moyen/long terme, selon le Conseil général.
« Nous nous attachons à faciliter la transmission et la reprise, le désendettement des exploitations en soutenant l’accès au foncier locatif, le portage foncier, ainsi que les plans locaux agro-environnementaux, animés par des structures collectives », a précisé Philippe Madrelle.
Dans ce contexte, l’agriculture biologique représente un espoir. Les surfaces en conversion (5000 ha) ont dépassé les surfaces certifiées (environ 3000 ha) en 2010. Les volumes disponibles vont doubler d’ici 2013.

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