Le démantèlement des kolkhozes a radicalement changé la physionomie de l’agriculture ukrainienne. Notamment parce qu’elle a conduit des millions de paysans à devenir propriétaires de quelques hectares, qu’ils ne pouvaient ni vendre ni exploiter, faute de moyens, et qu’ils ont choisi de louer. Avoir une prise sur le foncier apparaît aujourd’hui comme un atout de taille pour les entreprises agricoles, qui peuvent ainsi se garantir une production… en quantité et en qualité.
Non, les tchernoziums ukrainiens ne sont pas à vendre. La question est souvent posée. Par les investisseurs étrangers qui souhaiteraient limiter leur prise de risque, par le FMI, qui y verrait un moyen de stabiliser l’économie nationale, mais aussi par le parlement ukrainien, désireux de clarifier la législation actuelle. Au moment de la redistribution des terres utilisées par les kolkhozes, chacun des anciens membres s’est vu attribuer un certain nombre de parts foncières de 1 à 3 ha. Ces parts confèrent à leur détenteur un droit immatériel sur les terres, qui leur donne la possibilité de louer leurs parcelles mais pas de les vendre. « Le passage à la propriété foncière n’est pas encore techniquement achevé », a précisé Yuri Melnik, ministre ukrainien de la Politique agraire, lors d’une réunion avec des journalistes agricoles français à Kiev, le 12 mai. Mais « je suis profondément convaincu que les capitaux étrangers ont tout intérêt à venir travailler en Ukraine dans le cadre législatif actuel, via la location de terres détenues en propriété privée », a affirmé le ministre.
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