Les importations de viande bovine en France ne cessent d’augmenter, en même temps que nos exportations diminuent. La faute à qui ? Geneviève Cotto, du Groupe d’économie bovine (GEB) de l’Institut de l’élevage, pointe du doigt la restauration hors foyer (RHF) et la grande distribution. Dans le même temps, la baisse de la production française, due essentiellement aux restructurations du troupeau laitier, pénalise nos volumes de production.
La hausse des importations de viande bovine en France et leur augmentation dans la consommation seraient dues en partie à la restauration hors foyer (RHF). Selon la note de conjoncture d’Agreste de mars, les importations de viande bovine ont progressé de 14 % en 2005, malgré une fin d’année où leur niveau a diminué de façon très conjoncturelle. Les éleveurs ont multiplié les abattages afin de bénéficier de la Prime à l’abattage (PAB) avant son découplage au 1er janvier. La part des importations dans la consommation française a atteint 22 % l’année dernière, contre 20 % en 2004 et 16 % en 2003. Pour Geneviève Cotto, chargée d’études au Groupe d’économie bovine (Geb) à l’Institut de l’élevage, « la hausse des importations est en grande partie due aux professionnels de la restauration hors foyer (RHF) et de la grande distribution ». « Les bonnes résolutions prises par des opérateurs comme McDonald’s ou la Sodexo en 2001 sont terminées », ajoute-t-elle. Selon une récente étude de l’Institut de l’élevage, la RHF distribuait, au lendemain de la deuxième crise de la vache folle en 2001, entre 95 et 98 % de viande bovine française. Le taux est tombé à 70 % en 2005.
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Baisse de la production
Dans une moindre mesure, la grande distribution apparaît également comme responsable de cette hausse progressive des importations. « Malgré une stratégie globale sur la VBF, la grande distribution propose dans certaines régions où il n’y a pas de pression d’éleveurs, de la viande bovine importée moins chère», indique Geneviève Cotto. Ainsi, « les importations de viande fraîche ont retrouvé leur niveau de 1999, avant la deuxième crise de la vache folle», regrette-elle. La note de conjoncture Agreste estime leur niveau à 287 000 tonnes équivalent carcasse (tec) en 2005. Mais la faute n’est pas totalement imputable aux industriels et à la grande distribution. « Certes, à cause de la baisse de production, il y a besoin de recourir à plus d’importations», tempère Geneviève Cotto. De ce fait et à cause d’une consommation en légère hausse, les exportations de viande bovine ont diminué de 11 % par rapport à 2004, avec un volume de 250 000 tec. Elles ont concerné 14 % de la production française en 2005 contre 15 % en 2004. Cette baisse de la production française est due essentiellement à la baisse du troupeau laitier. Selon les chiffres du Service central des enquêtes et études statistiques (Scees) du ministère de l’Agriculture, le cheptel laitier comptait 3,95 millions de têtes en 2005, soit un recul de 1,4 % par rapport à 2004, tandis que le cheptel allaitant progressait de 0,3 % à 4,06 millions de têtes.