L’industrie amidonnière voit sa compétitivité fragilisée par une conjoncture « de triple hausse sans précédent des prix des matières premières, du transport et de l’énergie », a indiqué l’Usipa, le syndicat des amidonniers, le 30 septembre lors de sa conférence de presse annuelle. Le coût de la matière première représente en effet 40 à 60 % du coût de production de l’amidon. Les cours du blé demeurent très instables et à la hausse. En un an, « l’augmentation a été de 40 % ».
L’amidonnerie française, « industrie de volume », rappelle l’Usipa, est aussi particulièrement affectée par la désorganisation du transport en raison du manque de conducteurs de camions. Elle absorbe 5 millions de tonnes (Mt) de céréales (3,1 de blé et 1,9 de maïs) et 1 Mt de pommes de terre et pois protéagineux. Quant au fret maritime, son prix a bondi de 86 % en un an. Les délais de livraison sont rallongés du fait de la pénurie de conteneurs. Or, cette industrie dépend des transports : elle a réalisé 74 % de son chiffre d’affaires à l’export en 2020, dont un tiers hors UE. Enfin, le prix du gaz a vu sa valeur quadrupler depuis avril 2021. Quant à l’électricité, « elle suit le même chemin ».
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Toutes ces hausses de prix érodent la compétitivité du secteur. « La décarbonation de notre industrie ne se fera que si nous sommes compétitifs », a prévenu Marie-Laure Empinet, présidente de l’Usipa, à l’adresse des pouvoirs publics, pour que les quotas européens de CO2 restent entièrement gratuits. Mais l’UE envisage de les rendre payants car elle a en projet une taxe carbone aux frontières, difficilement compatible à l’OMC avec les quotas gratuits.
En attendant, l’industrie amidonnière se diversifie dans les débouchés vers l’industrie alimentaire, qui ont représenté 55 % en 2020, contre 51 % en 2019.