Particulièrement complexe, l’agriculture à haute performance environnementale ne deviendra une réalité qu’à la faveur d’un important travail sur le terrain, auprès des agriculteurs. C’est l’une des conclusions du colloque organisé sur le sujet par l’Inra le 24 février.
Au cœur du Grenelle de l’environnement et du plan « Objectif terres : 2020 », présenté le 19 février par Michel Barnier, la certification environnementale des exploitations ne sera pas une mince affaire. C’est ce qu’ont rappelé les participants au colloque « Vers une agriculture à haute performance environnementale » organisé par l’Inra le 24 février dans le cadre du Salon de l’agriculture. La potion magique n’existe pas. Faut-il instaurer des indicateurs de performance ou des obligations de moyens ? Est-il préférable de se lancer dans un diagnostic global et simplifié de l’exploitation ou dans une évaluation partielle débouchant sur des objectifs ciblés ? Même les acteurs de la démarche Quali’terre, initiée dans le cadre d’un programme de recherche démarrée en 1997, n’ont pas trouvé de réponse idéale. Une chose est sûre : « Un accompagnement est nécessaire, soit au niveau collectif soit au niveau individuel », a insisté Armelle Mazé, chercheuse à l’Inra et participante au projet.
Des langages différents
Pour Vincent Faloya, chercheur à l’Inra de Rennes, les échanges entre spécialistes et agriculteurs sont également essentiels. C’est ce que tente de favoriser Agro-transfert ressources et territoires, structure de recherche et développement située à l’interface entre l’Inra et le développement agricole. Le dispositif permet « la transmission des questions de terrain vers la recherche ce qui amène souvent une approche innovante », a indiqué Vincent Faloya. Il permet aussi réaliser que « agriculteurs et chercheurs ont la même langue, mais pas le même langage ! », et que les exploitants sont en quête de solutions que les chercheurs ne peuvent pas leur donner. « Ce n’est pas facile de généraliser les résultats que nous obtenons », a par exemple expliqué Vincent Faloya.
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Les agriculteurs en quête de solutions
Il y a en tout cas « urgence », a affirmé Hubert Garaud, président de Terrena. Les adhérents de son groupe sont « plus matures » qu’on ne le croit et sont prêts à se lancer sans attendre dans une agriculture à haute performance environnementale… Sauf qu’ils ne savent pas comment s’y prendre et ont besoin d’aide. Pour Jean-Marc Meynard, chercheur au centre Inra de Grignon, « il faut un retour à une réflexion de groupe comme ce fut le cas au sein des Ceta (Centre d’études techniques agricoles) dans les années 60 ». Quelle qu’en soit la forme, l’agriculture à haute performance environnementale ne pourra pas se passer d’un conseil agricole rénové et efficace. C’est certain.