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UE/Phytosanitaires La législation sur les phytos inquiète les industriels des fruits et légumes

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Le récent vote du Parlement européen sur la révision de la directive sur la commercialisation des produits phytosanitaires préoccupe l’industrie de la transformation des fruits et légumes. Celle-ci estime que les décisions parlementaires, éliminant une série de produits phytosanitaires, risquent de nuire à la production agricole et donc de perturber l’approvisionnement en matières premières de l’industrie. Elle réclame d’urgence une étude d’impact sur les conséquences de ces décisions sur la disponibilité future de fruits et légumes pour les opérateurs.

«Ce que nous reprochons le plus à cette législation c’est qu’il n’y a pas même pas d’évaluation sur l’impact que la future législation aura sur les possibilité d’approvisionnement de l’industrie en fruits et légumes pour la transformation », affirme à Agra alimentation, Susanne Meyer, la secrétaire générale de l’OEITFL (Organisation européenne de l’industrie de la transformation des fruits et légumes). Selon elle, le compromis obtenu après plus de deux ans de négociation entre le Conseil, la Commission et le Parlement européen, laisse l’industrie de la transformation dans l’incertitude quant à sa capacité à s’approvisionner localement en fruits et légumes si demain un certain nombre de pesticides qui sont nécessaires à la croissance des cultures devait être retiré du marché. « Des études d’impact, on en fait pour les transports, pour les secteurs de l’énergie, pour l’environnement mais pas pour les conséquences d’une suppression d’une série de substances de protection des plantes pourtant indispensables à leur culture et à leur croissance. Il faut absolument une évaluation de l’impact de ces suppressions sur le niveau de la production agricole, sur les rendements, sur la qualité et la disponibilité des matières premières », insiste Susanne Meyer. Une demande qui a l’appui, par ailleurs, du secrétaire général du Copa-Cogeca (syndicat et coopératives agricoles de l’UE), Pekka Pesonen : « Nous avons besoin de toute urgence d’une évaluation d’impact détaillée pour avoir une idée de toutes les implications qu’aura la décision prise par le Parlement ». Cette étude devra, selon lui, « analyser notamment les conséquences par rapport aux importations en provenance de pays non européens. Nous en appelons aux institutions européennes pour qu’elles commencent à y travailler dès que possible », a-t-il souligné.

Impact minime selon Bruxelles

De son côté la Commission européenne affirme que selon elle les effets de la nouvelle législation sur les pesticides ne seront pas si dramatiques que cela. La commissaire en charge de la Santé des consommateurs, Androulla Vassiliou, a indiqué que « seules 4% des substances chimiques actuellement sur le marché devraient disparaître ». De plus, rappelle-t-elle, « l’industrie dispose de suffisamment de temps – d’ici à 2016 – pour s’adapter et développer de nouvelles molécules moins toxiques ».

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Une réduction des pesticides progressive

Le vote en 2 e lecture du Parlement européen de la proposition de modification de la directive 91/414 sur la mise sur le marché des produits phytosanitaires réduit le nombre de produits phytopharmaceutiques autorisés et bannit les plus toxiques d’entre eux. Une fois avalisée par le Conseil des ministres la nouvelle directive s’appliquera dès cette année et se substituera donc à celle datant de 1991, qui impose certaines limites à l’utilisation de pesticides dangereux et qui permet jusqu’ici l’utilisation de quelque 800 substances actives, dont certaines se sont révélées dangereuses pour la santé humaine. La nouvelle réglementation, qui s’aligne notamment sur le rapport de la députée Hiltrud Breyer (Allemagne, groupe des Verts), réduirait ce nombre de moitié. Elle établit une liste de molécules qui servira à délivrer les futures autorisations de mises sur le marché. Parmi les produits utilisés aujourd’hui, elle conduira à interdire l’utilisation de 22 d’entre eux, reconnus comme étant cancérigènes, mutagènes ou toxiques Greenpeace estime que le compromis Conseil/Parlement/Commission européenne ne va pas assez loin et qu’une centaine de produits actifs auraient du être retirés.. L’interdiction sera étudiée au cas par cas et pourra être différée s’il est démontré qu’il n’existe aucune alternative. De plus, leur disparition sera progressive, jusqu’à l’expiration des dernières autorisations accordées. Deux produits (les fongicides Carbendazim et Dinocap) seront interdits dès cette année mais certains, autorisés en 2008, resteront utilisables jusqu’en 2018. Un second volet de la nouvelle réglementation durcit les limitations sur l’utilisation des pesticides autorisés.