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Confédération paysanne « La loi Evin nous pourrit la vie ! »

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La Confédération paysanne a organisé un débat sur la Loi Evin, le jour où des milliers de viticulteurs défilaient dans toute la France. Si celle-ci n’a pas été ouvertement jugée responsable de la crise, certains viticulteurs ont tout de même jugé qu’elle s’inscrivait dans un climat « prohibitionniste ». Son principal défaut est sans doute qu’elle a été suivie par une baisse de la consommation de vin. Si Alain Rigaud, président d’une association de lutte contre l’alcoolisme, a défendu la loi, on regrettera que le principal intéréssé, Claude Evin, ait décliné l’invitation le jour même.

La loi Evin est-elle responsable de la crise viticole? Ce n’est sans doute pas ce qu’a voulu signifier la Confédération paysanne en organisant un débat sur le sujet le 8 décembre, tandis que des milliers de viticulteurs défilaient dans toute la France. Personnne dans l’assemblée des vignerons n’a désigné cette loi restreignant la publicité pour le vin comme le principal responsable de la crise. Patrick Baudouin, vigneron dans la Loire, préférait désigner la qualité insuffisante des vins français. Il a tout de même estimé que « la loi Evin s’inscrit dans un climat prohibitionniste qui n’est pas très bon ». « A quand les pulvérisations aériennes de Roundup sur Chateau Yquem ? », a-t-il volontairement exagéré, faisant référence aux pulvérisations d’herbicide sur les champs de coca en Colombie.

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« Le lobby puritain plus fort que le lobby viticole »

De son coté, Guy Caro, médecin psychiatre et auteur du livre De l’alcoolisme au bien boire voit dans la loi Evin le signe que « le lobby puritain est plus puissant que le lobby viticole ». Le seul finalement à véritablement défendre cette loi fut Alain Rigaud, président de l’Association pour la prévention de l’alcoolisme et des addictions (ANPAA). Rappelant que la loi Evin, promulguée en 1991, « a été assouplie en 1994 en autorisant l’affichage», il estime que celle-ci a un bilan « plus positif que pour le tabac». « Selon les études les plus récentes, la consommation de vin a baissé, ainsi que celle d’alcool pur. Il n’y a pas eu compensation par la bière et les spiritueux », constate-t-il. Il défend les restrictions sur la publicité, estimant que « la publicité est une incitation qui va frapper les plus vulnérables ». « La loi Evin nous pourrit la vie ! », lui a répondu Jean-François Chapelle, viticulteur. Une indignation bien vaine puisque le principal intéressé, Claude Evin, était absent des débats. Invité de longue date, il s’est fait excuser le jour même. Une défection que Pascal Frissant, responsable de la commission viticole de la Confédération paysanne, a jugé « totalement choquante ».