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Vin La majorité des nouveaux cahiers des charges des AOC sont publiés

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Sur les 274 cahiers des charges des appellations d’origine viti-vinicoles à réécrire, 266 ont déjà été publiés au journal officiel, a annoncé l’INAO le 3 novembre. Reste un volet important à ajouter, celui du lien à l’origine qui devra être rédigé d’ici fin 2011. La France attendait la réglementation européenne sur ce point avant d’entamer ce chantier.

Ce sont 266 cahiers des charges qui ont été publiés au Journal officiel sur les 274 à réécrire pour l’ensemble des AOC « vins » (certains englobent plusieurs appellations). La publication des huit cahiers restants est proche, selon l’Institut national de l’origine et de la qualité. Pour les vignobles de Champagne et d’Alsace, un examen en conseil d’Etat s’impose, les cahiers des charges antérieurs de ces deux régions contenant des dispositions législatives. Tous entreront en application à la vendange 2010.
« Ces cahiers des charges sont plus homogènes que les précédents, le plan est le même pour tout le monde. Ils contiennent plus d’informations pour ce qui est des conditions de production, de la conduite de la vigne par exemple. Ils sont plus explicites », a assuré Jean-Louis Büer, directeur de l’INAO.

Refus des copeaux dans 156 AOC
L’INAO a noté que 156 vins AOC se sont interdit le recours aux copeaux et 81 ont refusé l’usage des charbons (pour les vins rosés). Quelques appellations (bandol, sancerre…) ont choisi de maintenir les dégustations obligatoires avant agrément, en les réalisant le plus près possible du consommateur.
Les cahiers des charges comportent trois chapitres : les conditions de production (vigne, chai, conditionnement) ; l’obligation déclarative et les points principaux à contrôler (plan de contrôle). Cette construction n’a pas été pensée dans un fonctionnement « franco-français » mais en pensant à l’AOP, ont remarqué les responsables de l’INAO. Des réunions tripartites entre l’institut, les organismes de gestion (ODG) et organismes d’inspection (OI) auront lieu en début d’année prochaine pour discuter le fonctionnement de ces nouveaux cahiers des charges. Sur le terrain, les viticulteurs regrettent parfois de ne pas avoir été consultés. Certains souhaitent des modifications. Elles ne devraient a priori se faire qu’à la marge.

Interaction entre le milieu naturel et la spécificité du produit
Reste un volet important à ajouter à ces textes : celui du lien à l’origine. D’ici fin 2011, tous les Etats membres doivent faire parvenir à la Commission leur demande de classement en AOP avec définition de ce lien.
« La définition de ce lien ne figure pas dans le cahier des charges car nous attendions la réglementation européenne sur ce point », a précisé Yves Bénard, président de l’INAO.
Le lien au terroir s’appuie sur une définition du terroir (zone géographique, climat, sols…) et des facteurs humains (développement de la production, pratiques…) ; sur la description des spécificités du produit et enfin la description du « système de terroir » c’est-à-dire l’interaction entre le milieu naturel et la spécificité du produit. Le lien doit être pensé à partir de ce qui a fait la notoriété d’un produit, qu’il s’agisse d’un cépage particulier, d’une manière d’élever le vin… C’est ce lien au terroir qui va déterminer si un vin peut bénéficier d’une AOP ou d’une IGP.

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