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Farine La Minoterie du Bocage reprend racine en misant sur le terroir breton

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Fermé depuis 2011, le site de fabrication de farine à Binic (Côtes-d’Armor) redémarre en misant sur la proximité et le terroir. Une réflexion est en cours sur le lancement d’un produit à forte origine bretonne.

«La réouverture d’un petit moulin, c’est plutôt rare », souligne Benoît Piau, directeur de la Minoterie du Bocage. Pour célébrer l’événement, quelque 2 400 visiteurs « grand public » et 300 professionnels se sont rendus à l’inauguration à Binic (Côtes-d’Armor), du 1er au 3 juin. Le site a redémarré en mars dernier, après une fermeture en juillet 2011 par la CAPL (Coopérative agricole des Pays de la Loire), accompagnée d’un transfert de l’activité à Ernée (Mayenne). Son nouveau propriétaire, la Minoterie Girardeau, fait le choix de la relocalisation. « Nous misons sur la proximité avec le client, poursuit Benoît Piau. Beaucoup de petits moulins ont fermé ces dix/vingt dernières années, avec une tendance aux gros outils éloignés. À l’inverse, la Minoterie du Bocage veut s’ancrer dans son terroir, à travers l’utilisation de blé provenant de toute la Bretagne. »

Une nouvelle marque en projet

Cette volonté se traduit par le projet de créer un produit spécifique au site de Binic. L’élaboration de sa farine dépend de plusieurs sources d’approvisionnement en blé, réparties entre les trois coopératives Caliance (Bretagne), CAPL (Pays de la Loire), Cavac (Vendée). « Un mélange reste nécessaire : le blé produit en Bretagne n’a pas une qualité suffisante pour fabriquer la baguette de tradition, explique-t-il. Nous réfléchissons à une nouvelle marque de farine, à forte identité bretonne » Le même type de démarche est mené pour chaque site de la Minoterie Girardeau. Cinq moulins associés la composent : Minoterie Girardeau et Minoterie Suire, à Boussay (Loire-Atlantique), Minoteries du Château, à Ernée (Mayenne), Minoterie du Bocage, à Binic (Côtes-d’Armor), Minoterie Corouge, à Réguigny (Morbihan). L’ensemble, dirigé par Bertrand Giraudeau, représente une capacité d’écrasement de 830 tonnes par jour, soit quelque 200 000 tonnes de farine par an.

Saturer l’outil d’ici à quatre ans

Après les 400 000 euros injectés dans la Minoterie du Bocage pour la modernisation des zones de stockage et d’expédition, de gros investissements restent nécessaires au niveau des silos à farine. Le site dispose d’une capacité d’écrasement de 120 tonnes par jour, soit 30 000 tonnes de farine par an. Sa production devrait atteindre 8 000 tonnes à la fin de l’année. Une montée en puissance est prévue, à 16 000 tonnes en 2014. L’objectif est de saturer l’outil d’ici trois ou quatre ans. Pour cela, de nouveaux débouchés sont espérés en boulangerie et chez les fabricants de biscuits et crêpes. Ils se décomposent aujourd’hui à 40 % dans l’artisanat, 30 % dans la grande distribution, 30 % dans l’industrie.

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