La récolte céréalière ne suscite jusqu’ici « pas de craintes majeures » en dépit de la persistance d’un temps sec et chaud, a indiqué le 14 juin FranceAgriMer. En orge d’hiver et blé dur, l’établissement public a livré un bilan rassurant du gel sur épis, dont l’impact s’avère limité.
« Pour l’instant, on n’entend pas de craintes majeures s’exprimer » sur la moisson, a déclaré en conférence de presse le délégué pour la filière céréalière Ludovic Pâris, notant « une petite exception en Lorraine et Bourgogne » où la recharge hydrique fait le plus défaut. Ce bémol concerne particulièrement la Moselle, avec des écarts d’une exploitation à l’autre : « La profondeur de terre va jouer ». En orge d’hiver et blé dur, le gel sur épis a eu « un impact limité » à l’échelle nationale, selon la chef de projet Céré’Obs Catherine Cauchard. « Si tout continue dans cette mesure, on se retrouvera avec une année moyenne » en rendement, a-t-elle considéré, citant les propos du président Rémi Haquin en conseil spécialisé. Les dernières incertitudes sont liées à l’accès à l’eau et aux fortes chaleurs. Alors que le maïs arrive à un stade où ses besoins hydriques deviennent importants, certains bassins de production dans les Charentes seront en « interdiction totale d’irrigation à compter de demain » 15 juin, a signalé Ludovic Pâris.
Des prévisions de récolte dégradées pour l’UE
Pour la campagne 2017-2018 de l’UE, une « inversion des perspectives » apparaît dans les bilans prévisionnels de la Commission européenne. « Toutes les productions sont revues à la baisse » fin mai par rapport au mois précédent : -670 000 t en blé tendre, -2,9 Mt en orge, -2,3 Mt en maïs, -190 000 t en blé dur, a indiqué Olivia Le Lamer, adjointe au chef de l’unité grains et sucre. « Il y a une inversion des perspectives : les stocks étaient prévus en hausse le mois dernier par la Commission, qui anticipe désormais une ponction. »
Côté bilans français 2016-2017, FranceAgriMer révise à la baisse les exportations de blé tendre vers les pays tiers à 5 Mt (contre 5,2 Mt le mois précédent). « Les espoirs qui s’étaient fait jour vers l’Asie ne se sont pas concrétisés », a expliqué Olivia Le Lamer. Même évolution sur le poste des exportations de farine vers les pays tiers qui passent à 260 000 t (contre 280 000 t) : « Ce débouché continue à perdre des volumes ». Les importations sont corrigées à la marge, à 900 000 t (contre 850 000 t). C’est plus du double par rapport à l’an dernier, la récolte étant très affectée en quantité et en qualité, a-t-elle noté. Et de tempérer : « l’écart est important mais le volume (des importations) reste très faible dans le bilan français du blé tendre. » Au bout du compte, le stock final s’alourdit à 2,7 Mt (contre 2,4 Mt), un niveau conforme à la moyenne sur cinq ans.
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« Si tout continue dans cette mesure, on se retrouvera avec une année moyenne » en rendement
Orge d’hiver et colza : des rendements attendus sous la moyenne
Les rendements en orge d’hiver et colza baisseraient en 2017 de respectivement 4 % et plus de 2 % par rapport à la moyenne quinquennale, a indiqué le 13 juin Agreste, pointant la météo défavorable au printemps. « Le gel et le manque de pluie ont contrarié le développement des orges d’hiver », selon une note. À 63 q/ha sur le plan national, le rendement baisserait par rapport à 2012-2016 de plus de 20 % dans le Grand Est. La production d’orge d’hiver est estimée à 9,3 Mt, supérieure de 14 % à la moyenne quinquennale grâce à la hausse des surfaces. En colza, la récolte atteindrait 4,8 Mt (-6 % par rapport à 2012-2016) avec un rendement de 32,7 q/ha : les gelées et la sécheresse ont pu entraîner « localement des dégâts importants ». « Les conditions météorologiques du printemps n’ont pas été pour l’instant favorables aux cultures d’hiver », souligne Agreste. À l’inverse, le tournesol profite de « conditions de culture relativement bonnes pour l’instant, avec notamment moins d’attaques d’oiseaux par rapport aux deux dernières années ».