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La montagne élève la voix dans les négociations du PSN

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Lors d’une conférence de presse organisée le 3 février, les chambres d’agriculture et les élus de montagne ont détaillé la position qu’ils comptent porter auprès du ministère de l’Agriculture pour le futur Plan stratégique national (PSN), avec certaines divergences par rapport aux positions syndicales.

« Nous demandons tous le maintien de l’ICHN, voire une certaine augmentation si c’était possible, et le maintien des aides couplées qui sont indispensables », a résumé Jeanine Dubié, présidente de l’Association nationale des élus de montagne (Anem) et députée Liberté et territoires des Hautes-Pyrénées lors d’une conférence de presse le 3 février.

Seul le Modef avait jusque-là osé évoquer un « renforcement de l’enveloppe » de l’indemnité compensatoire, dans le but de « couvrir une zone géographique plus étendue, afin de réintégrer les agriculteurs exclus de la révision du zonage ». Mais même le maintien de l’ICHN ne semble pas garanti, redoutent les producteurs de montagne, alors que de nouvelles mesures pourraient entrer dans le second pilier, et que le taux de transfert entre piliers ne semble pas susceptible d’augmenter.

« Mon souci c’est qu’on n’aille pas se servir dans l’enveloppe de l’ICHN pour aller financer d’autres aides », résume Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège. Toujours comme le Modef, mais également comme la Coordination rurale, les montagnards soutiennent également le maintien de la répartition sur le premier pilier, avec 13 % de l’enveloppe consacrés aux aides couplées. Six points supplémentaires devront par ailleurs être réservés « aux programmes opérationnels », comme le détaille Philippe Lacube.

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Par ailleurs, si la convergence interne « n’est plus qu’une option de rythme », complète Dominique Fayel, président de la FDSEA de l’Aveyron, une convergence « qui serait progressive ne nous choquerait pas ».

Un contrôle satellitaire qui dérange

Autre sujet d’inquiétude pour les producteurs : le nouveau mode de calcul des surfaces pastorales. « Le ministère travaille sur la méthode Lidar, déjà expérimentée en Espagne, dont nous avons peur qu’elle exclue des surfaces très boisées ou en pente », confie Philippe Lacube, président de la chambre de l’agriculture de l’Ariège. Cet enjeu, insiste-t-il, ne concerne pas seulement les montagnes, mais également la région méditerranéenne « qui a beaucoup de zones de sous-bois ou de garrigue », que le nouveau système pourrait exclure de la comptabilité.

La technique satellitaire viserait à améliorer et à diminuer le coût du contrôle des surfaces éligibles. « Le ministère nous met sous le nez la colère de Bercy suite aux sanctions européennes, mais j’aimerais qu’on me donne plus d’éléments chiffrés », s’agace Philippe Lacube. Dans son département de l’Ariège, rappelle-t-il, les contrôleurs ont «rendu», en 2020, 1 000 hectares aux producteurs que ceux-ci n’avaient pas décomptés dans leurs exploitations.

Comme le Modef, ils demandent un renforcement de l'ICHN