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Mutualité agricole La MSA entre élections et réforme de l’assurance maladie

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Début d’été chargé pour Jeannette Gros, la présidente de la MSA, qui doit faire face, avec ses collaborateurs, à la préparation des élections de janvier 2005, sans devoir fléchir sur le dossier du projet de réforme de l’assurance maladie. L’assemblée de la CCMSA (Caisse centrale de la MSA), le 25 juin, devait préparer le terrain à tous ces dossiers.

La présidente de la MSA, Jeannette Gros, insiste sur l’importance que revêtent les prochaines élections de janvier 2005 : « La MSA est un des rares régimes à organiser des élections, on y tient énormément. C’est le socle démocratique sur lequel s’appuie notre légitimité dans la conduite d’actions pour améliorer notre protection sociale. Les conseils sont constitués de professionnels du monde agricole. Nos élus sont un lien direct avec le terrain, nous restons proches de nos assurés. » D’importants changements s’opèrent pour cette nouvelle édition. Les conseils seront constitués de 29 personnes, et non plus 25 : 9 exploitants pour le 1er collège, 12 salariés pour le 2e collège, 6 employeurs pour le 3e collège et deux personnes nommées par l’Union nationale des associations familiales. Cette nouvelle répartition reflète les proportions actuelles des différentes catégories professionnelles au sein des assurés de la MSA. Une autre grande nouveauté est la disparition du vote à l’urne au profit du vote par courrier. Les dépouillements se feront électroniquement au niveau du canton, sous surveillance des préfets.

Assurance maladie : « Responsabilisation de tous les acteurs »

Jeannette Gros tient beaucoup à ce que « l’accent soit davantage mis sur la prévention, la responsabilisation des acteurs à tous les niveaux. Pour enrayer l’endettement actuel de la Sécurité sociale, il faut, en plus des solutions financières, un changement total des mentalités et des comportements, aussi bien des assurés que des professionnels de santé. Un parcours beaucoup plus ferme doit être instauré au niveau de la prévention, pour habituer les gens à adopter un parcours de soin dans lequel ils sont partie prenante, et former le corps médical au respect de référentiels, à des contrats de bonnes pratiques, à l’obligation de formations».

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« On attend certaines corrections du projet de loi »

Sur certains points du projet de réforme, la MSA propose des axes de travail complémentaires : « Une bonne coordination des soins est nécessaire, une étude approfondie de l’exercice des professionnels de santé en milieu rural doit être engagée. On n’est pas contre le contrôle des arrêts de travail, mais il faut surtout un accompagnement des personnes pour les responsabiliser. Concernant la mise en place du dossier médical personnel informatisé, on attend que des expérimentations soient faites. Pour les assurés pris en charge à 100%, on demande un renforcement de la contractualisation entre l’assuré et le médecin de façon à ce qu’il y ait des protocoles de soins, de bonnes pratiques.» Concernant la gouvernance de la future union de caisses, Jeannette Gros reste sur ses positions et demande que les directeurs de la MSA et de la caisse des artisans et commerçants soient présents aux côtés du directeur nommé par l’Etat. En effet, selon Jeannette Gros, la MSA doit « garder un espace d’initiatives. On a l’habitude de faire des expériences en milieu rural. On doit pouvoir faire passer la validation de ces expériences, donner notre point de vue » .