La région Nouvelle-Aquitaine accélère vers la « sortie » des pesticides de synthèse en 2030 et la réduction des antibiotiques pour les filières animales, a-t-elle indiqué le 15 avril.
La région Nouvelle-Aquitaine a signé sa « feuille de route biocontrôle et biosolutions 2022-26 » vec la Draaf, le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation, la chambre d’agriculture, l’école Bordeaux Sciences Agro, le GIE Transition écologique en agriculture, les fédérations de coopératives et de négoces, l’Acta (instituts techniques), Inrae. Il s’agit de fédérer les acteurs, mobiliser la recherche, accompagner les entreprises, déployer les solutions agro-écologiques, d’après un communiqué. Ambition commune pour 2026 : atteindre 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans l’industrie des biosolutions en Nouvelle-Aquitaine (soit +25 % par an), faire grimper la part des biosolutions à 25 % des achats en protection des plantes (contre 13 % en 2021).
Déjà en 2019, la région avait lancé des premières initiatives en créant le cluster « Biocontrôle et biosolutions pour les filières végétales et animales », ainsi que le projet Vitirev autour d’une filière vitivinicole « plus écologique et innovante, en sortant des pesticides de synthèse ». La Nouvelle-Aquitaine s’était engagée dans Néo Terra, une trajectoire qui comprend la transition agro-écologique des filières agricoles et agroalimentaires, avec notamment la sortie des pesticides de synthèse en 2030 et des CMR (cancérogène, mutagène reprotoxique) en 2025.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Fédérer, lever les freins
La feuille de route, qui sera coordonnée par Agri Sud-Ouest Innovation, déjà en charge du cluster, définit quatre axes stratégiques. Il s’agit tout d’abord de fédérer les acteurs concernés, d’assurer une veille technologique, scientifique et réglementaire, d’identifier le plus tôt possible les innovations dédiées aux biosolutions, d’accompagner la création d’entreprises. Deuxième axe : mobiliser la recherche, soutenir le développement des structures de transfert, faciliter l’identification des dispositifs de financement. Le troisième axe vise à lever les « nombreux freins » au développement de nouveaux produits.
Outre les difficultés propres à l’innovation, l’accès au marché des biosolutions est « ralenti par la complexité des procédures d’évaluation », d’après la feuille de route. Le « manque de connaissance du cadre réglementaire » par les porteurs de projets allonge la durée d’évaluation des produits. Il s’agit de guider les entreprises dans les circuits réglementaires, d’instaurer une collaboration avec l’Anses, d’avancer des propositions pour faire évoluer la réglementation. Le dernier axe vise à accélérer le déploiement des biosolutions, via notamment la formation initiale et continue, l’accompagnement technique et financier du changement de pratique des agriculteurs.