Le projet de cadre financier pluriannuel 2020-2027 de l’UE présenté par la Commission européenne explique en grande partie les motivations de ses propositions de réforme de la Pac attendues le 1er juin. Celles-ci mettront l’accent sur le plafonnement obligatoire des paiements directs et les paiements redistributifs qui doivent permettre de mieux cibler les aides sur les petites et moyennes exploitations. Objectif respectable certes, mais qui a aussi l’avantage de rendre a priori politiquement plus acceptable la baisse des crédits – de 5 % à prix courants selon les chiffres de l’exécutif – préconisée pour ces soutiens et pour le développement rural après 2020. D’autant que s’y ajoutera la convergence des aides entre les États membres, signe d’équité. Résultat : les agriculteurs apporteront leur contribution pour combler le trou budgétaire que laissera le Brexit et financer les nouvelles priorités que sont les migrations, la sécurité et la défense. Mais une frange d’analystes et d’eurodéputés soupçonnent la Commission de minimiser dans ses calculs, pour ne pas effrayer, l’effet réel de son projet sur le revenu agricole, qui serait catastrophique. Une joute entre initiés peut-être intéressante, mais qui, sans doute, laisse l’agriculteur pour le moins dubitatif. Maintenant, la balle est dans le camp du Parlement européen, qui sera toutefois renouvelé dans un peu plus d’un an, mais surtout des Vingt-sept qui, même en l’absence du Royaume-Uni, risquent d’afficher longtemps leurs divergences avant de trouver un compromis « à la bruxelloise ».
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