Abonné

La Pac ne favorise pas l’emploi

- - 3 min

La Pac, son premier pilier surtout, ne favorise pas l’emploi agricole, bien au contraire, selon une étude présentée à la commission de l’agriculture du Parlement européen lors d’un échange de vues sur un projet de rapport qu’elle doit voter en juillet.

« La réforme de la Pac et le découplage ont eu, globalement, un impact négatif sur l’emploi dans le secteur agricole », constate une étude présentée le 26 avril à la commission de l’agriculture du Parlement européen qui se penchait sur un projet de rapport sur la question du socialiste français Éric Andrieu (1). Selon les auteurs, le 1er pilier, les paiements directs, « a, au mieux, maintenu l’emploi mais n’en a pas créé ». Le 2e pilier, le développement rural, a été « efficace dans le soutien à la diversification » dans d’autres domaines comme le tourisme, les résultats en la matière dépendant toutefois des approches nationales et régionales.

Le rapport d’Éric Andrieu sera soumis au vote de la commission parlementaire le 14 juillet en vue d’une adoption en plénière en septembre à Strasbourg. « Nous devons démocratiser la Pac, repenser ses objectifs afin qu’elle redevienne une politique publique au service de tous, qui réponde à la fois aux attentes de la société et aux défis de l’emploi », estime le député. Selon lui, il est temps de « poser les vraies questions ».

La « survie » des petites exploitations

« La Pac maintient la survie des petites exploitations et contribue à soutenir et développer les économies rurales », résume l’étude, réalisée par l’Institut autrichien de l’aménagement du territoire (ÖIR) et le Countryside and Community Research Institute de l’université de Gloucestershire (Royaume-Uni). Tout en ajoutant que « le 1er pilier crée plus de productivité intensive, ce qui réduit graduellement la taille de la main-d’œuvre agricole ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pour le développement rural, le 2e pilier « peut être plus efficace » lorsque les ressources sont fortement concentrées et intégrées (par exemple pour la chaîne alimentaire ou pour la formation), soulignent les auteurs. En revanche, « si les ressources sont éparpillées, l’impact est minimal et limité face au marché et autres forces motrices », notent-ils, constatant aussi des « effets d’aubaine » associés aux programmes de développement rural et émettant des doutes sur la « durabilité à long terme des emplois au-delà des périodes de financement ».

Si l’emploi a globalement décliné de 2,8 % dans l’UE sur la période 2007-2014, il a baissé de 9,6 % dans les secteurs de l’agriculture, la forêt et la pêche, avec un taux plus faible dans les « nouveaux » États membres, souligne l’étude.

Dans les régions rurales, la part de ces secteurs dans l’emploi total est passée de 16,2 % à 12 %.

(1) Voir n° 3543 du 25/04/16