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Etude La permanence des soins vétérinaires menacée en milieu rural

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Une enquête menée en Rhône-Alpes montre que la permanence des soins vétérinaires en milieu rural pourrait se dégrader dans les années à venir. Les « nouveaux vétérinaires » pratiquent plutôt une activité « canine » et les vétérinaires se retrouvent de plus en plus éloignés des élevages.

La permanence (répondant aux urgences) et la continuité des soins vétérinaires est de plus en plus difficile à assurer en milieu rural notamment pour les animaux d’élevage. Une enquête publiée par l’ordre régional des vétérinaires du Rhône-Alpes tire la sonnette d’alarme. « Il y un mal-être des vétérinaires bien connu par rapport au service au public qui doit être assuré 24h/24 et 7j/7 à l’heure des 35 heures », explique Jean-Marc Petiot, président de l’ordre des vétérinaires de Rhône-Alpes. Depuis 20 ans, le nombre de vétérinaires dans la région a augmenté fortement (+76%), mais ces « nouveaux soignants » pratiquent surtout une activité canine. Même si globalement l’offre de soin aux éleveurs est restée stable, le nombre de structures responsables de la permanence a diminué de 15% en dix ans. Résultat : la distance moyenne entre les élevages et les vétérinaires augmente. A cela s’ajoute une diminution de la densité d’élevage dans certaines zones de montagne notamment. La région Rhône-Alpes s’est vu confier cette enquête pilote qui devrait être menée dans toute la France. Des résultats similaires sont attendus dans la plupart des régions d’élevage extensif.

Anticiper
« Aujourd’hui, le service est assuré, et on enregistre très peu de plaintes de clients, assure Jean-Marc Petiot, mais il faut prendre les devants pour éviter que le système ne devienne déficient ». Une analyse plus fine montre qu’il y a beaucoup de vétérinaires mixtes à activité canine dominante et dont la proportion d’activité rurale diminue peu à peu. Ces vétérinaires appartiennent à une classe d’âge dont la fin d’activité professionnelle est prévue dans 15 ans. « Pour ceux qui ont une activité mixte avec 50% de rurale et 50% de canine il n’y a pas de problème. Par contre le problème se pose pour les praticiens avec seulement 10 à 20% de rural. Comme ce n’est pas rentable, il arrête le rural. Ou alors au moment de la revente de leur clientèle, le nouveau vétérinaire ne reprend que l’activité canine », explique Jean-Marc Petiot. Cette situation concourt à une baisse du volume de l’activité rurale qui peut même entraîner des arrêts de cette activité dans certaines zones. Ce constat réalisé, il faut désormais trouver des moyens d’y remédier. Pour cela, l’ordre des vétérinaires appelle à une meilleure organisation du système des permanences qui limite les contraintes pour que chaque vétérinaire soit en mesure d’assumer son rôle. Reste à en préciser les fondements.

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