Le bilan à mi-campagne dressé le 18 mars à la suite du conseil spécialisé « vin » de Viniflhor n’est pas très positif. Les ventes se font au ralenti alors que la prochaine récolte approche. Certains vignobles envisagent de retirer du marché une partie de la récolte 2008.
En dépit de la petite récolte 2008, la campagne viticole piétine si l’on en croit les transactions en vrac enregistrées par Viniflhor à début mars. Les ventes de vins de table et de pays, à 31 semaines de campagne, n’ont pas encore décollé. En comparaison avec la campagne 2007-2008, déjà marquée par une petite récolte, les ventes en volume sont en recul de 34 % en vin de table rouge et rosé, 23 % en vins de pays et 26 % en vins de pays de cépage. Les ventes de vin blanc ne sont pas plus dynamiques malgré la faiblesse des volumes disponibles : les ventes de vins de pays blancs sont en repli de 14 % et celles des vins de pays de cépages de 20 % .
Heureusement, les prix se maintiennent mais sans compenser les baisses de volumes. Les prix moyens des vins de table rouges et rosés augmentent de 5% (à 3,44€°/hl), les prix des vins de pays rouges et rosés de 2 % (à 54,75 €/hl) et se stabilisent après un rebond en début de campagne. Pour les blancs, les prix des vins de table gagnent 8% (à 5,12€°/hl) et ceux des vins de pays 10 % (à 85,37€/hl).
Des prix proches de ceux des vins espagnols ou italiens
Plusieurs raisons expliquent cette situation : des banquiers qui portent moins les stocks, des négociants qui veulent écouler les leurs et se réapprovisionnent au coup par coup et une baisse des exportations, particulièrement vers le Royaume-Uni. Pourtant, une analyse comparative des prix des vins en Espagne, Italie et France, réalisée par l’office, montre une certaine homogénéité et plus particulièrement depuis l’actuelle campagne. Les vins français ne sont donc pas disqualifiés par les prix dans la compétition internationale.
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« Il est probable que le retard pris ne sera pas rattrapé », a estimé André Barlier, directeur adjoint de l’office. « D’autant que l’année 2009, si elle continue de bien se dérouler, devrait donner un bon millésime. Tout le monde attend la récolte 2009 », a-t-il ajouté.
Aussi, certains vignobles envisagent d’utiliser le système des volumes substituables individuellement (VSI) qui permettrait d’écarter du marché une partie de la récolte 2008. En effet, la distillation de crise est très encadrée dans la nouvelle OCM vitivinicole et serait difficile à mettre en oeuvre.