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Fruits et légumes La pluie dans le Grand Ouest entraîne dégâts et mévente

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Les précipitations tombées dans le Grand Ouest en mai-juin, nettement plus abondantes que la moyenne pour ces deux mois, selon Météo-France, entraînent à la fois des dégâts aux cultures et un ralentissement de la commercialisation des fruits et légumes frais.

Il a plu nettement davantage que la normale en mai-juin en Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie. En Bretagne, les pluies ont été deux fois plus abondantes que la normale, indiquait Météo-France Ouest le 26 juin. Ainsi il est tombé 261 mm à Brest sur les deux mois, contre 129 en moyenne ; 225 mm à Rennes (115 en moyenne) ; 211 mm à Nantes (105) ; 167 mm à Caen (117) ; 192 mm au Mans (109).

Bactéries, limaces et champignons

Dans le même temps, les températures ont été quasi-identiques aux valeurs moyennes des années récentes. Résultat : avec beaucoup d’humidité et un temps doux, les parasites de toutes sortes ont prospéré : bactéries, limaces et champignons (mildiou, sclérotinia, botrytis).

Les pommes de terre primeurs sont en première ligne. « Une véritable explosion de mildiou » sur feuillages, témoigne Gérard Roué, responsable du développement à la Sica Saint-Pol de Léon. La commercialisation pâtit déjà de ces problèmes qualitatifs.

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Les exploitations maraîchères doivent faire face à une prolifération de bactéries et de limaces, qui rendent la plupart des salades invendables, selon le responsable de la Sica Saint-Pol. « On ne vend qu’une frisée sur trois », confirme Angélique Delahaye, présidente de la Fédération nationale des producteurs de légumes et maraîchère dans l’Indre-et-Loire.

« Un temps à manger du cassoulet »

Mais, au problème des dégâts sur cultures, s’ajoute une conséquence néfaste plus profonde : la pluie n’incite pas à consommer du frais. Les fruits, encore plus saisonniers que les légumes, sont particulièrement sensibles au marasme de la consommation quand le temps est maussade. « C’est un temps à manger du cassoulet », s’exclame Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits et arboriculteur près de Saumur (Maine-et-Loire). Les consommateurs achètent des pommes et des poires comme à l’automne, mais peu de fruits rouges (fraises, framboises), indique-t-il.

C’est aussi un temps à manger du choux-fleur. Mais le choux-fleur français n’est plus le seul sur les étals des magasins. « Pour la première fois, j’ai vu du choux-fleur allemand chez Auchan à Angers », signale Angélique Delahaye, rappelant que les maraîchers allemands embauchent des Ukrainiens à bas salaires. Le chou-fleur « made in France » est surtout pénalisé en période d’intempéries. La pluie et les traitements supplémentaires alourdissent les coûts dans les cultures. « Là où il faudrait 12 personnes au champ, nous n’en avons que 5 ou 6 », souligne la présidente de la FNPL.