La sécheresse du mois d’avril commence à peser sur les potentiels de rendement des zones intermédiaires, particulièrement en terres superficielles. Il semble difficile, dorénavant, d’avoir des rendements excellents.
Du Poitou-Charentes à la Lorraine, les regards se tournent vers le ciel, en quête de nuages… Et d’eau. « Nous avons eu des pluies d’orage ce week-end, reconnaît Dominique Descoureaux, responsable du service productions végétales à la Chambre d’agriculture du Loir-et-Cher. Mais nous avons récupéré 20 mm dans le meilleur des cas. Lorsqu’il est tombé 4 mm, autant dire que ce n’est rien ». Dans l’ensemble de la zone intermédiaire, le mois d’avril s’est révélé très sec. La situation est inédite. Grâce à un automne plus favorable que l’an passé et à une bonne implantation, les cultures ont plutôt bien résisté. « C’est tout de même étonnant de voir les dégâts commencer seulement à apparaître après un mois de sécheresse », observe Yves Messmer, responsable de la région Lorraine chez Arvalis. La résistance trouve toutefois ses limites.
Les rendements exceptionnels remisés
Les céréales semées dans des sols superficiels commencent à souffrir. Les techniciens observent un peu partout des feuilles de blé qui commencent à vriller, du fait du manque d’eau. Il est encore trop tôt pour évaluer les pertes, mais les rendements exceptionnels que l’on pouvait espérer en mars ne seront probablement pas au rendez-vous. En Indre-et-Loire, par exemple, le déficit hydrique serait de 90 mm. « Dans les sols profonds, qui ont 150 à 180 mm de réserve, ça passe encore, estime Gérard Picard, de la Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire. Mais dans les sols avec 70 mm de réserve seulement, ça commence à être difficile ». Du fait de l’avance prise, le blé arrive au stade gonflement-épiaison, une période fortement consommatrice en eau. Les risques augmentent. Dans l’Indre, les rendements en sols superficiels seraient au mieux égaux à la normale.
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Le colza résiste mieux
A peu près partout, l’orge suit le même chemin que le blé. Mais le colza se distingue : il résiste mieux, grâce à une implantation profonde et efficace. Les siliques sont souvent là en nombre. Reste à savoir comment s’effectuera le remplissage. C’est en tout cas pour cette culture que le potentiel semble le mieux préservé. Mais de bonnes averses peuvent encore changer beaucoup de choses. Certains préfèrent rester optimistes : « Même dans les terres légères, les cultures se présentent encore bien, explique une technicienne de la Chambre d’agriculture de la Vienne. Si la pluie tombe, on peut espérer de bons rendements ».