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Oléagineux La plus grande usine de trituration d’Europe inaugurée dans l’Aube

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La plus grande usine de trituration oléagineuse d’Europe a été inaugurée le 5 février près de Nogent-sur-Seine dans l’Aube. Elle draînera plus d’un million de tonnes de graines oléagineuses du principal bassin de production du colza, alors que jusque là les graines étaient transportées sur de longues distances. Elle comprend une capacité de production de biodiesel de 250 000 tonnes.

Luc Chatel, secrétaire d’État chargé de l’Industrie et de la Consommation et porte-parole du gouvernement, a inauguré le 5 février l’usine oléagineuse du Mériot près de Nogent-sur-Seine dans l’Aube. Cette unité, exploitée par Soprol, le pôle de transformation des oléagineux de Sofiprotéol (l’établissement financier de la filière oléoprotéagineuse française), est la plus importante d’Europe, concernant la partie trituration, a déclaré Philippe Tillous-Borde, directeur général de Sofiprotéol.

Une des raisons d’être de cette usine est d’accroître les volumes de production de Diester, le biodiesel produit sous la marque de Diester Industrie, filiale de Soprol. Cette augmentation des volumes est inscrite dans le programme d’expansion des biocarburants lancé sous les gouvernements Raffarin et de Villepin. La partie biodiesel de l’usine du Mériot a une capacité de 250 000 tonnes.

Réduire les frais logistiques

Mais elle a aussi une raison d’être logistique. En effet, elle draînera 1,1 million de tonnes de graines oléagineuses, colza principalement, qui jusque-là étaient expédiées vers des usines lointaines (Rouen, Dieppe, Sète, et aussi en Allemagne), et revenaient sous forme d’huile et de tourteaux.

L’objectif est de réduire les flux redondants. Ainsi, sa situation en plein cœur du bassin de production de colza (Champagne-Ardenne, Lorraine, Yonne, Seine-et-Marne, etc), d’un rayon de 150 kilomètres, fournira un débouché de proximité aux producteurs et à leurs organismes collecteurs.

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L’activité de trituration dans cette usine permettra de remplacer l’exportation de graines via Rouen par des expéditions de tourteaux de colza vers la Bretagne, qui du coup deviendra moins importatrice, a indiqué Alain Brinon, directeur délégué de Saipol, le maillon de Sofiprotéol spécialisé dans la trituration. En outre, elle permettra l’exportation des tourteaux de colza par cargos fluvio-maritimes vers l’Espagne via la Saône et le Rhône. Le transport fluvial sera utilisé le plus possible pour faire des convois plus massifs tout en répondant aux objectifs du Grenelle.

Malgré l’augmentation de capacité de trituration que représente l’usine du Mériot, « la France restera importatrice de tourteau de colza », parce que la consommation de ce produit s’accroît, au détriment de celle du tourteau de soja, a ajouté Alain Brinon.

Des projets dans les pays de l’Est pour le Diester

Cette inauguration a été l’occasion pour le directeur général de Sofiprotéol d’évoquer les projets de l’établissement financier des producteurs : dans les pays de l’Est (Pologne, Roumanie) en Diester, avec, comme en France, une forte implication des producteurs ; en Turquie et au Vietnam dans l’alimentation animale via Glon-Sanders, dans lequel Sofiprotéol est actionnaire.

Elle a aussi été l’occasion pour les dirigeants de la filière oléagineuse de formuler des demandes au gouvernement, pour qu’il active plusieurs dossiers. Le premier d’entre eux est celui de la clause de sauvegarde sur les biocarburants. Cette clause de sauvegarde est une possibilité, inscrite dans la loi, de réviser en hausse la défiscalisation des biocarburants quand les cours du pétrole diminuent sensiblement. Un autre dossier est celui du panel à l’OMC porté par l’Association européenne du biodiesel (European biodiesel board — EBB), contre les importations de biodiesel des États-Unis et d’Argentine à prix cassés, en raison de subventions dans ces pays. Les professionnels de la filière oléagineuse souhaitent un appui du gouvernement français à cette démarche.