Le premier grand débat « parlons agriculture » organisé à l’initiative de Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, le 23 avril au Palais Brongniart a réuni près de 700 personnes. Pour le ministre, l’alimentation a besoin de politiques publiques. Mieux, elles doivent être faites dans toutes les régions du monde.
«Je suis contre l’aseptisation et contre la concentration des productions agricoles » a expliqué Michel Barnier, le 23 avril lors du colloque « qu’est-ce-qu’on mange ? » organisé à l’initiative du ministre. Rappelant que la Pac coûte aux Français 100 euros par habitant et par an, le ministre fervent défenseur de cette politique rappelle que grâce à elle « il n’y a pas de grandes usines seulement dans quelques régions ». Ce « besoin de politique publique » pour l’alimentation et l’agriculture doit passer par cinq priorités a expliqué le ministre. Il s’agit au préalable d’aborder le chantier d’une importation qui respecte les mêmes critères sociaux, environnementaux... au sein de l’Europe et monde. Deuxième priorité pour le ministre : rendre plus abordable la consommation des fruits et légumes dans plus de 1 000 écoles, « dans des zones urbaines et rurales défavorisées dès la rentrée 2008 ».
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Autres leviers : favoriser la qualité et l’équilibre nutritionnel dans la restauration scolaire ; « la lutte contre l’injustice pour les bénéficiaires de l’aide alimentaire » ainsi que la promotion des produits bio dans la restauration collective. Plus globalement, le ministre pose la question du « bon lieu » ou du « bon endroit » où la gouvernance mondiale alimentaire doit se discuter quelle que soit l’issue du Cycle de Doha. Justement, pour Hafez Ghanem, sous-directeur général du département du développement économique et social de la FAO, il est indispensable « de coordonner les politiques des différents pays ». Et surtout il faut « veiller à ce que certaines politiques n’appauvrissent pas nos voisins » selon Hafez Ghanem qui cite en exemple les biocarburants. Il condamne les 11 milliards de dollars de subventions pour les biocarburants dont « une fraction devraient être canalisée pour la recherche ».