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Recherche La politique alimentaire refait surface

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En recevant quelques scientifiques travaillant dans le domaine de l’alimentation, le ministre de l’Agriculture leur a indiqué son intention de mettre en place prochainement « une politique de qualité alimentaire ». Parallèlement, deux projets de Fondation vont voir le jour, l’une pour la recherche sur les aliments et l’autre pour l’éducation du public à la nutrition.

Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a reçu récemment sept chercheurs travaillant dans le domaine de l’alimentation pour faire le point sur les apports attendus en matière de connaissance scientifique et pouvant donner un éclairage et venir en appui aux politiques publiques. Les chercheurs ainsi consultés, qui exercent à l’Inra, à l’Afssa, au CNRS et dans les établissements d’enseignement supérieur agricole, ont présenté au ministre leurs activités portant sur des thèmes aussi variés et complémentaires que la nutrition, la sécurité sanitaire des aliments, la qualité sensorielle et le goût, les aspects sociologiques et économiques de l’alimentation et du comportement du consommateur.

Ces sujets, loin d’être académiques, renvoient à des politiques qui peuvent être utiles pour les producteurs, les industriels comme pour les consommateurs, indique-t-on dans l’entourage du ministre de l’Agriculture.

Les travaux présentés à Dominique Bussereau s’inscrivent dans le cadre des pôles de compétence du ministère et, pour certains, dans des pôles de compétitivité labellisés par le gouvernement, pour d’autres, dans des collaborations européennes et internationales.

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Pour autant, la rencontre entre ces chercheurs et le ministre ne visait pas à réorienter les efforts de recherche mais à éclairer l’adaptation éventuelle de la politique agricole et alimentaire aux attentes de la société. « La recherche constitue, selon un communiqué du ministère, l’un des axes importants de la politique de qualité alimentaire » que Dominique Bussereau entend définir et mettre en œuvre dans les prochains mois. En effet, « afin de poursuivre les discussions en ce domaine, une nouvelle rencontre sera organisée avec ce groupe informel de scientifiques avant l’été 2006 ».

Deux Fondations en chantier

Dans le même temps, l’Inra est à la veille d’aboutir dans ses démarches pour faire naître une Fondation pour la recherche sur l’alimentation et la nutrition. Le projet, qui n’avait pu aboutir il y a un an, a refait surface et obtenu l’accord de trois entreprises fondatrices, Bongrain, Bel et Pernod Ricard. Bénéficiant des mêmes avantages fiscaux que les autres fondations de recherche, cette dernière née – qui ne sera portée sur les fonts baptismaux que début 2006 – aura les moyens de lancer des programmes spécifiques, indépendamment de ceux qui relèvent du PNRA (Programme nationale de recherche sur l’alimentation) doté, lui, de plus de 13 M EUR sur le budget 2005 de la nouvelle Agence nationale de la recherche (ANR).

A noter que ce projet de Fondation est différent de celui pour lequel le dernier conseil d’administration de l’Ania a donné son feu vert et qui devra, sur base volontaire mais moyennant un « ticket » modeste en fonction de la taille des entreprises (une centaine peut-être), réunir des moyens publics et privés autour de l’éducation nutritionnelle et de la prévention de l’obésité en particulier. N’ayant pu faire inscrire dans la loi de Santé publique un tel projet de Fondation dont les ressources auraient été assises sur le chiffre d’affaires des publicités alimentaires –c’est la voie de la taxation qui a été retenue par le gouvernement –, l’Ania a reformaté son projet qui impliquera, selon elle, différents collèges, entreprises, associations de consommateurs, nutritionnistes, pouvoirs publics et personnalités extérieures. Les moyens ainsi réunis serviront à aider et amplifier des programmes d’information, de communication et de formation ou des initiatives existantes comme celles que prennent des collectivités locales à l’intention des enfants dans les cantines.