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STRATÉGIE/SANTÉ La politique de santé brésilienne pourrait profiter à Nutrionix

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Nutrionix, start-up bretonne spécialisée dans les produits à teneur réduite en sodium, se lance en partenariat au Brésil. L'année 2015 pourrait bien être celle du décollage pour la société, qui lève 1 million d'euros pour financer ses nouveaux développements.

Nutrionix, start-up spécialisée dans les produits salants réduits en sodium à destination de l'industrie, va bientôt commencer la commercialisation de ses produits au Brésil. La société bretonne (Bruz, 35) s'y est associée à Salinor, premier producteur de sel brésilien, pour profiter d'un marché en pointe sur la réduction de sodium. « Le ministère de la santé brésilien a mis en place un programme de réduction du sodium contraignant sur plusieurs catégories d'aliments, ce qui rend le marché très porteur pour nos solutions. De plus l'association brésilienne des industries agroalimentaires nous soutient officiellement et facilite nos contacts avec les industriels », explique Jean-Christophe Malrieu, directeur général.

UNE PRODUCTION LOCALE POUR RÉDUIRE LE COÛT DU PRODUIT

Concrètement, Salinor a investi dans l'outil industriel et commercialisera les produits formulés par Nutrionix. Sa spécialité est en effet le mélange de sels minéraux pour réduire la teneur en sodium tout en gardant le goût du sel, le même aspect et le même dosage.

« Avec ce partenariat, nous pouvons produire avec des matières premières locales, à coût viable économiquement. D'autres substituts existent sur le marché brésilien, mais ils sont importés, et dix fois plus chers que nos produits », explique Jean-Christophe Malrieu. En France aussi, la société espère voir des projets déboucher bientôt. « Les taux de sel ont déjà été réduits dans de nombreuses recettes. Les entreprises vont devoir commencer à recourir à la substitution », estime-t-il.

LE SEL AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS DE L'OMS

Ce marché des produits réduits en sodium est promis à un bel avenir. L'hypertension, dont la première cause est la surconsommation de sel, touche une personne sur trois dans le monde, selon le panorama mondial de l'hypertension publié par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) en 2013.

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Facteur de maladies cardio-vasculaires, elle est responsable de 9 millions de décès par an selon ce document. L'agence de l'ONU recommande donc de faire baisser la consommation de 12 grammes par jour (moyenne actuelle, avec des scores bien supérieurs dans certains pays) à 5 grammes par jour d'ici à 2025. Et tous les pays qui prendront le problème à bras le corps seront des marchés cibles pour Nutrionix.

L'ANNÉE DU DÉCOLLAGE ?

En attendant de devenir grande, la jeune pousse procède à une nouvelle levée de fonds pour financer ses projets. 515 000 euros ont déjà été levés auprès des actionnaires historiques, qui vont être complétés par une levée de fonds auprès de particuliers via Wiseed (plateforme de financement participatif). Objectif, récolter 1 million d'euros au total. Depuis sa création, Nutrionix a levé 6 millions d'euros dont 1,35 million en 2014. Seventure Partners et Sham innovation (Turenne Capital) se partagent environ 80 % du capital, le reste étant aux mains de business angels (répartition avant la clôture de la levée de fonds en cours).

En 2014, le chiffre d'affaires de Nutrionix, qui emploie sept personnes en France et vient de procéder à deux recrutements au Brésil, a atteint environ 100 000 euros. Pour 2015, l'objectif est fixé à 1 million d'euros. S'il est atteint, ce sera vraiment l'année du décollage, dix ans après la création de l'entreprise.

DES SAUCES EN RHF

Nutrionix, qui commercialise déjà des salières à teneur réduite en sodium à destination de la RHF, lancera cette année une gamme de sauces, toujours sous la marque Néo-chef. « Notre substitut est plus cher qu'un sel classique, mais il entre dans la composition des sauces pour une part infime, le surcoût de la sauce est donc faible », précise Jean-Christophe Malrieu. Une salière allégée à 50 % en sodium est vendue deux fois plus cher que du sel classique.