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Réforme de la Pac La Pologne appelle la France à plus de courage sur la réforme de la Pac

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C’est une réforme en profondeur de la Pac que souhaite Marek Sawicki, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural polonais. Conscient qu’un accord entre la France, l’Allemagne et la Pologne est nécessaire pour « une Pac forte », il a néanmoins décidé, ce 25 mai à Varsovie devant des journalistes francais de l’Afja, d’enfoncer le clou et de mettre la pression sur son homologue francais. « Je lance un appel aux agriculteurs francais, aux organisations agricoles, mais aussi au ministre Bruno Le Maire à plus de courage dans la réforme de la Pac », a-t-il déclaré. Objet du mécontentement polonais : le régime d’aides de la Pac, à savoir la disparité de la valeur du DPU toujours inférieure pour les nouveaux entrants en Europe.

«Ne facturons pas l’histoire ! La France n’a pas à être jalouse de 45 ans de communisme », a lancé Marek Sawicki, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural polonais, le 25 mai à Varsovie devant des journalistes francais de l’Afja (Association française des journalistes agricoles). Alors que les négociations sur la future Pac de l’après-2013 débutent, le ministre fustige la distorsion que subit la Pologne, depuis son entrée en Europe en mars 2004, au niveau de ses aides de la Pac. La distinction entre les 15 « vieux » pays de l’Europe et les « nouveaux » entrants comme la Pologne aboutit à un niveau de DPU qui les défavorise. Alors que le montant moyen est de 251 euros par hectare dans l’UE en projection pour 2013, la Pologne attient un montant de 200 euros par hectare et la France obtient un niveau de 286 euros. L’argument faisant référence à l’histoire agricole et à celle des réformes successives de la Pac qu’ont connu ces vieux pays, ne tient pas selon le ministre polonais. « En commencant la réforme de la Pac, il ne faut pas regarder le passé », a-t-il ajouté. Le ministre prévient : « Nous ne pouvons pas accepter une nouvelle période de transition de 10 ans ».

Tous pareils
C’est dans ce contexte que Marek Sawicki a lancé un appel « aux agriculteurs français, aux organisations agricoles mais aussi au ministre français, Bruno Le Maire, à plus de courage dans la réforme de la politique agricole commune ». Le ministre plaide « pour une réforme profonde de la Pac » avec des « critères nouveaux et objectifs des soutiens de la Pac » afin qu’ils ne soient plus inégalitaires entre les pays de l’Union européenne. Il envisage, à l’image des propositions de Dacian Ciolos, commissaire européen à l’agriculture, un système de soutien pour le premier pilier comprenant « une partie de base » auquel s’ajoutent des éléments complémentaires selon 2 ou 3 critères, comme le bien-être, la qualité ou l’environnement. Ce soutien de base devrait avoir le même montant pour tous les pays de l’UE, selon Marek Sawicki. Il ajoute que son intention n’est pas de « prendre » des soutiens aux agriculteurs français. Les paysans francais, selon ce système pourraient avoir plus ou moins d’aides qu’actuellement, explique-t-il.
En tout cas, la réforme des systèmes d’aides de la Pac dans l’Union européenne fait partie des priorités de la Pologne qui prend la présidence de l’Europe le 1er juillet. Deuxième objectif : la réforme des soutiens en zones rurales sans oublier « de mettre l’accent sur les énergies renouvelables », a-t-il conclu. On l’aura compris : l’égalité de traitement des aides de la Pac entre tous les paysans de l’Éurope est un sujet qui va mobiliser les Polonais.

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