La pomme de terre primeur mérite d’être mieux reconnue par le consommateur. Les professionnels de la pomme de terre, rassemblés dans le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), misent sur ce produit qui était beaucoup plus consommé il y a encore une vingtaine d’années, ont-ils montré le 12 mai lors d’une action de communication financée par l’UE.
Le CNIPT travaille à la valorisation de la primeur auprès du consommateur pour ses qualités organoleptiques, nutritionnelles et de fraîcheur. Il a conduit le 12 mai une action de communication à destination de la presse entre Brest et Roscoff, un des bassins de production français de la primeur. Cette action entre dans le cadre du programme « Envie de fruits et légumes frais et de pommes de terre fraîches » financé par la Commission européenne.
La primeur, amorce de la campagne de pommes de terre
Récoltée à 90 jours de cycle végétatif au lieu de 120 jours pour la pomme de terre de conservation, la primeur a une peau fine qui fait qu’on peut la manger avec la peau. Ce qui permet préserver ses qualités nutritionnelles, notamment les minéraux et la vitamine C.
La primeur est essentielle aux professionnels de la pomme de terre. « La pomme de terre primeur est un élément de relance de la consommation de pommes de terre après l’hiver », a indiqué Florence Rossillon, directrice du CNIPT. Une relance d’autant plus précieuse que les surfaces plantées en pomme de terre, tous types de pomme de terre confondus, ont encore augmenté cette année en France et dans les pays voisins (+7,2 %), laissant planer le risque de surproduction et d’une dégradation des cours en pommes de terre de conservation.
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Éduquer le consommateur
La primeur est certes une production modeste (50 000 à 70 000 tonnes), comparée aux 5,3 millions de tonnes de pommes de terre de conservation. Elle ne redeviendra sans doute pas le produit phare du marché de la pomme de terre, reconnaît André Mainguy, producteur près de Brest et représentant les producteurs français de primeur. Cela parce que les consommateurs ne font plus la différence entre la primeur et la pomme de terre de conservation, depuis que celle-ci est vendue lavée et qu’elle est maintenant stockable en frigo pendant tout l’hiver. André Mainguy se souvient qu’il y a 30 ans la production de primeur dépassait les 200 000 tonnes en France. Il n’empêche : « J’essaye de prêcher pour la primeur », dit-il modestement. Pour Florence Rossillon « il n’y a pas de fatalité ». Il faut éduquer le consommateur et convaincre les chefs de rayons des magasins de traiter la primeur comme un produit frais et non comme une banale marchandise stockable.
La pomme de terre primeur est un élément de relance de la consommation de pommes de terre après l’hiver