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La production caprine peut afficher un certain optimisme

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Les revenus des éleveurs de chèvre ont progressé en 2016 de 10 % et le lait français va encore manquer en 2017 pour les industriels, selon l’Institut de l’élevage. La filière se porte donc plutôt bien, même si la question des installations reste toujours cruciale.

Si la production de lait de vache est toujours en crise, la filière caprine semble, elle, commencer à relever la tête. Le 29 mars lors des journées techniques caprines, Sébastien Bouyssière et Nicole Bossis, chefs de projet à l’Institut de l’élevage (Idele), ont fait le point sur la situation économique de la filière. Le prix du lait a progressé de 10 € en 2016 atteignant « un nouveau record de 695 €/1 000 l », selon l’Idele. Et les charges (Indice Ipampa) ont baissé de 2 % environ par rapport au niveau de 2015, « avec tout de même une légère remontée en fin d’année qui pourrait se poursuivre ». Les éleveurs ont donc retrouvé un certain niveau de revenu. Pour les exploitations mixtes comprenant un atelier bovin viande, la bonne tenue du prix du lait de chèvre a permis « le maintien du produit d’exploitation », selon Nicole Bossis. Les éleveurs spécialisés ont particulièrement obtenu de bons revenus avec un résultat courant par unité de main-d’œuvre (RC/UMO exploitant) proche de 35 000 € (caprins spécialisés livreurs en zone de plaine). Dans le sud-est de la France, les résultats sont un peu moins bons mais toujours en augmentation (RC/UMO exploitant de 20 400 €). Dans certaines régions, la météo de 2016 a fortement perturbé la production avec une difficulté à trouver le bon dimensionnement pour les exploitations qui pratiquent la transformation et la vente directe, observait l’Idele.

Des industriels en manque d’approvisionnement

Aujourd’hui, les industriels manquent de lait et s’approvisionnent donc à l’étranger. Pour 2017, Nicole Bossis et Sébastien Bouyssière annoncent une diminution des rendements au vu de la baisse du cheptel de 1,1 % et des stocks fourragers de mauvaise qualité. Les industriels iront donc combler leur manque en augmentant leurs achats à l’export. « Signe de cette fébrilité,les flux importés en décembre 2016 et janvier 2017 ont atteint des niveaux jusqu’ici inégalés et devraient aboutir au redressement du prix du lait de chèvre en Espagne et aux Pays-Bas », soulignait l’Idele dans son dossier économique annuel sur les perspectives 2017. La demande de lait « origine France » s’accentue grâce à l’affichage obligatoire de l’origine début 2017. Si le marché des fromages de chèvre retrouve une « certaine normalité » après le creux des années 2012-2015, il reste cependant plutôt « mâture ». Pour autant, « la demande dynamique pour les laits conditionnés et les yaourts à base de lait de chèvre » présente un vrai « relais de croissance », précisait l’Idele dans son dossier (+15 % de lait conditionné et + 8 % de produit en ultra-frais en 2016). « L’enjeu prioritaire est aujourd’hui la relance des installations et le renouvellement des générations » expliquaient les experts de l’Idele. Les crises de l’élevage et de l’agriculture en général freinent les vocations.

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Caprins : une baisse de 13 % des effectifs entre 2011 et 2016

En novembre 2016, le cheptel caprin est en repli de près de 13 % par rapport à novembre 2011, selon une note du 3 avril du service de statistique du ministère de l’Agriculture. Le cheptel français a ainsi diminué de 1,2 million de têtes en cinq ans. La France est reléguée à la quatrième place en termes de taille de cheptel sur le plan européen, dépassée par la Roumanie. La Grèce, dont le cheptel est en repli de 30 % entre 2011 et 2016, possède le plus grand cheptel européen avec près de 4 millions de chèvres. L’Espagne en possède 3 millions, avec une progression de 15 % entre 2011 et 2016. En Roumanie, le cheptel a progressé de 17 % et en Italie de 7 % durant la même période. En France, Agreste, estime pour 2017 un repli de la production de 1 % du fait d’un repli des effectifs de femelles.