Après avoir baissé de 900 000 tonnes en deux ans, la production d’aliments composés pourrait perdre près de 450 000 tonnes cette année. C’est ce que constate la synthèse annuelle du Syncopac, la fédération des coopératives du secteur. Toutes les productions animales sont concernées mais c’est le déclin de la volaille qui préoccupe le plus les fabricants d’aliment du bétail. Pour le Syncopac, le dossier prioritaire est la sécurisation de la production, avec la prochaine reconnaissance officielle du guide des bonnes pratiques de la profession. La question des OGM est évacuée de la synthèse annuelle du Syncopac. En privé, le président de la fédération regrette les difficultés d’application de la dernière directive sur l’étiquetage, notamment en ce qui concerne les additifs.
La production d’aliments composés en France a perdu 900 000 tonnes en deux ans, et devrait continuer à baisser dans les mêmes proportions cette année. La production totale en 2003 était de 22,6 millions de tonnes. La Fédération des coopératives de production et d’alimentation animales (Syncopac), qui vient de publier une synthèse des chiffres clés du secteur, n’est guère optimiste quant à l’avenir. Si la sécheresse a pu gonfler artificiellement la production jusqu’au premier semestre 2004, son impact disparaîtra au second semestre. Après une stagnation au premier semestre, la production pourrait chuter de 7 à 8% au second pour aboutir à une baisse de 3 à 4% sur l’ensemble de l’année. Selon Daniel Rabiller, président du Syncopac, « la plus grosse chute peut venir de la volaille». La situation du secteur est jugée « pas brillante ». La production de dinde est en chute libre et le poulet à l’export est fortement concurrencé par la viande brésilienne, notamment en Allemagne et en Grande-Bretagne. D’après le Syncopac, on assiste à une véritable délocalisation de la production de volailles. « Il arrive à la volaille ce qui est arrivé au textile dans les années quatre-vingts», estime M. Rabiller.
Montée en puissance de la coopération
La baisse de la production s’accompagne d’une restructuration des entreprises et d’une montée en puissance de la coopération. Le nombre d’usines est passé d’un millier en 1973 à 338 en 2003, soit une réduction des deux tiers. La part de la coopération, sur la même période, est passée de moins de 30% à plus de 60%. Une évolution fièrement affichée par le Syncopac, qui appose désormais le logo de Coop de France à côté du sien. « Le Syncopac seul ne fera rien », estime le président du Syncopac, « il faut s’unir si on veut peser dans le débat public ».
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Le Guide des bonnes pratiques pourrait devenir référentiel unique
La sécurisation de la production est considérée par le Syncopac comme le dossier prioritaire. Echaudés par l’affaire de la vache folle, les professionnels ont mis un point d’honneur à garantir la qualité sanitaire de leur production. Le Guide des bonnes pratiques de la fabrication des aliments composés pour animaux, présenté au Space 2002, est en passe d’être reconnu officiellement par la Commission nationale des labels et certifications. Le Syncopac espère en faire la référentiel unique pour le cahier des charges des produits animaux sous signe officiel de qualité.