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Meunerie La production de farine marque le pas en 2008

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Les meuniers ont réduit de 1,3 % leur production de farine en 2008. La faute aux débouchés industriels comme l’alimentation animale ou l’amidonnerie, qui ont subit de plein fouet la crise. Car la panification se porte bien, elle. Notamment en ce qui concerne la boulangerie artisanale. Si la santé du secteur apparaît donc plutôt correct, il devrait néanmoins continuer à se restrucuturer.

Heureusement, les Français continuent de manger du pain. Même en temps de crise. Voilà qui a probablement sauvé le marché de la farine en 2008. Car si la production a perdu 1,3 % pour tomber à 4,41 Mt contre 4,71 Mt en 2007, « nous constatons une bonne résistance du marché de la panification sur 2008 par rapport aux années précédentes », a souligné Joseph Nicot, président de l’ANMF (Association nationale de la meunerie française), en conférence de presse à Paris le 25 juin. Certes, les volumes consommés par les ateliers de boulangerie pâtisserie en grande surface ont continué de s’éroder, diminuant d’1,9 % pour tomber à 245 000 tonnes. Mais la boulangerie-pâtisserie industrielle a accru ses achats de 2,2 %, à 810 000 tonnes. Et surtout, la boulangerie artisanale a augmenté sa consommation de 0,5 %, à plus de 1,54 Mt.
La boulangerie artisanale progresse
La hausse est peut-être modeste, mais elle est signifiante. « Pour la première fois, la boulangerie artisanale a augmenté ses prix, tout en accroissant ses volumes », s’est étonné Joseph Nicot. Pour le professionnel, il s’agit d’une « tendance particulière », liée au regain d’intérêt du consommateur pour les magasins de proximité, mais aussi peut-être pour la convivialité du lieu. Les tendances se confirment en tout cas sur les premiers mois de 2009, selon l’ANMF.
Les autres débouchés de la meunerie ont davantage souffert de la crise, baissant globalement de 5 %. Un manque à gagner rattrapé par une hausse des exportations de 5,3 %. Au total, la meunerie enregistre pour 2008 un chiffre d’affaires de près de 2,2 milliards d’euros, largement supérieur aux 1,73 milliard de 2007. Pour 2009, Joseph Nicot prévoit une baisse des ventes, lesquelles se situeraient autour de 2 milliards d’euros. « Mais ce qui est important, c’est la marge brute du moulin », a rappelé le professionnel, indiquant que ces chiffres élevés s’expliquaient par la hausse du prix du blé et donc des farines.
Métier trop risqué
Quatre groupes nationaux (Nutrixo, Soufflet meunerie, Ariane meunerie et les Grands Moulins de Strasbourg) fabriquent aujourd’hui 55 % des volumes de farine produits en France. Ils sont suivis de 8 entreprises multirégionales qui réalisent 17 % des écrasements. Reste 69 entreprises régionales qui assurent 21 % du marché et 294 petites sociétés qui produisent 6 % des volumes. Pour Joseph Nicot, ce paysage est appelé à changer. D’une part parce que devant l’instabilité des prix de la matière première, « le métier devient trop risqué ». Certains meuniers anticipent donc leur départ ou cherchent à céder leur entreprise hors du cadre familial. Et d’autre part, parce que les écarts de prix générent des difficultés financières qui conduiront certains à fermer. « La restructuration se fera au profit des 8 entreprises multirégionales et peut-être aussi des 64 sociétés régionales qui voudraient passer au rang du dessus », prévoit le président de l’ANMF. A suivre.

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