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Viticulture La profession viticole vivement intéressée par le dossier de l’assurance

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La prise de position de Jérôme Despey, président du conseil spécialisé « vin » de FranceAgriMer le 28 août, pour mettre en place un système assurantiel, n’a pas tardé à avoir un écho dans la profession viticole. Celle-ci est fortement mobilisée par ce dossier, même si sa position n’est pas encore fixée sur la forme que devrait prendre un tel système, notamment son caractère obligatoire ou non.

Après la prise de position de Jérôme Despey, partisan d’une assurance-récolte obligatoire (voir précédent numéro, pages 25 & 26), plusieurs organisations professionnelles de la profession viticole sont mobilisées par le dossier de l’assurance.
Les caves coopératives sont intéressées par la proposition d’une assurance-récolte de Jérôme Despey. « L’assurance-récolte est un vrai sujet, notre bureau souhaite retravailler sur la question », a indiqué le 3 septembre Christine Assy, directrice de la Confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF), interrogée par Agra. Ce sujet avait déjà fait l’objet d’un atelier au congrès de la CCVF de 2011. La répétition des dégâts dus au climat (grêle, orages dévastateurs, coups de froid entraînant des coulures au moment de la floraison de la vigne) donne une nouvelle ampleur au dossier.
 
La CCVF étudie le dossier
« Rendre le système obligatoire ? Pourquoi pas. C’est une des pistes », poursuit la directrice de la CCVF. En tout cas, « l’obstacle est certes le prix de l’assurance, mais si la plupart des vignerons s’assurent, le montant des cotisations diminuera. De plus, il existe un co-financement communautaire », a précisé Christine Assy. À peine 15% des vignerons coopérateurs sont assurés en France. La CCVF compte donc étudier ce dossier, avec les autres organisations viticoles, mais aussi avec les autres secteurs de productions dans le cadre de Coop de France dont elle est membre, ainsi qu’avec la FNSEA.
Pour les Vignerons Indépendants, le sujet de l’assurance est primordial. « Les Vignerons Indépendants ne peuvent plus rester sans outil assurantiel face aux catastrophes climatiques qui se succèdent et qui nuisent gravement à la compétitivité de la filière vin », a déclaré leur confédération dans un communiqué publié le 5 septembre. Dès le 2 août, elle a alerté le président de la République dans un courrier, soulignant que « parmi tous les écueils rencontrés, le risque climatique est sans doute le plus brutal », et suggérant la mise en place d’une assurance-revenu « à l’instar de ce qui a pu être mis en place dans d’autres pays (Canada, États-Unis) ».
 
Vignerons Indépendants : le cadre européen est favorable
« Pour certains vignerons frappés par la grêle, la petite récolte en 2012 et l’absence de récolte cette année représentent une condamnation à mort de leur activité », a déclaré Michel Issaly, président de la Confédération des vignerons indépendants français (CVIF), en marge du communiqué. « Les vignerons ont toujours géré les épisodes de grêle, mais ce qui a changé depuis environ cinq ans, c’est l’intensité et l’étendue de ces épisodes ». « Comment transmettre les exploitations dans de telles conditions d’instabilité, sachant que 65% d’entre elles devront être cédées dans les dix ans ? », a-t-il souligné.
Les Vignerons Indépendants proposent donc « à nouveau aux pouvoirs publics de mettre en place une assurance revenu » qui couvrirait un champ de risques allant bien au-delà des aléas climatiques: variation des prix, parité monétaire, etc., précise le communiqué. Ce système serait « un véritable outil de stabilisation des revenus, viable sur le plan technique et financier, permettant de sécuriser des projets d’entreprises à long terme ». En outre, « la prévention des risques économiques s’inscrit directement dans le cadre des discussions qui ont eu lieu au niveau européen et qui encouragent la mise en œuvre de tels mécanismes ».
Quand au caractère obligatoire d’un tel système d’assurance-revenu, Michel Issaly dit : « Pourquoi pas, nous n’y sommes pas opposés ».
 
CAVB : la profession va se saisir du sujet de l’assurance
Pour nombre d’interlocuteurs en dehors de ces organisations professionnelles de producteurs, le sujet de l’assurance est dans le vif du sujet. « La profession va se saisir du sujet de l’assurance. Ce que constatent les professionnels, c’est l’intensité exacerbée de la violence des intempéries », relate Séverin Barioz, directeur de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB), à partir des réactions qu’il entend chez les vignerons.
Pour le directeur du Comité national des interprofessions des vins à appellation (Cniv), Jérôme Agostini, Jérôme Despey a mis « un vrai sujet » sur la table. Mais, pour lui, un système assurantiel n’est viable que s’il est globalement équilibré financièrement. Ainsi, la couverture de la grêle, fléau qui touche en général moins de 10% d’un vignoble, est possible, mais ce ne serait pas le cas du gel, qui peut dévaster une région entière, et donc rendre difficile l’indemnisation.

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