Rompant avec la pensée unique qui prévaut dans des milieux libéraux, une table ronde organisée par la fondation Farm au Salon de l’agriculture le 4 mars a globalement conclu que l’arme des tarifs douaniers est nécessaire, si ce n’est suffisante, pour développer les agricultures vivrières du Sud. Autre nécessité : que l’aide au développement arrive directement chez les producteurs sans passer par les Etats locaux.
La thèse de la France est bien de privilégier l’outil de la protection douanière, estime Sujiro Seam, haut fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères (direction des biens publics mondiaux). La politique française consiste aussi à aider certaines régions, l’Afrique de l’Ouest en particulier à créer une union économique sur le modèle européen avec un tarif extérieur commun. C’est ainsi que l’on pourrait protéger les agricultures locales contre l’importation de produits à bas prix. Une importation qui, selon Lionel Guézodjé, agriculteur et responsable professionnel au Bénin, pratique des prix qui ruinent les productions locales, citant notamment la volaille. Arlène Alpha, du Gret, expliquait à ce sujet que la concurrence des produits subventionnés par l’Europe continuait d’être très nuisible aux paysans locaux, même si le poids des restitutions tend à se réduire. L’important pour Arlène Alpha, comme pour l’ensemble des participants, c’est d’avoir des prix rémunérateurs. « Avoir des prix rémunérateurs, c’est lutter contre la faim dans le monde », dit-elle. Des prix mais aussi du financement, insistait le directeur de Farm Bernard Bachelier. C’est à cette condition que les agriculteurs sont en mesure d’investir dans des outils qui permettent de mieux vendre leur production.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.