Dans un article paru le 15 septembre dans la revue scientifique Nature, des chercheurs américains observent qu’à travers le monde, les dépenses de recherche et développement dédiées à l’agriculture et à l’alimentation proviennent de plus en plus du secteur privé. Dans les pays riches, cette part privée représente plus de la moitié (52,5 %) des recherches sur la sélection variétale, l’informatique, les engrais, les pesticides et les technologies alimentaires en 2011, contre 42 % en 1980. Dans les pays à revenus moyens (Brésil, Chine, Inde…), la part privée a également augmenté (16 % en 1980 ; 35,5 % en 2011). Dans les pays riches, cette évolution est due à la faible augmentation des dépenses publiques (+0,8 % par an entre 2000 et 2011). Dans les pays à revenus moyens, celles-ci ont augmenté sensiblement (+6 % par an), mais moins vite que celles du privé. Dans ces pays, les chercheurs observent un véritable essor de la recherche dans des domaines comme la sélection variétale, machinisme, produits chimiques, transformation alimentaire, et la délocalisation de centres de recherches de multinationales (Nestlé, Syngenta, PepsiCo en Chine par exemple).
Les auteurs notent d’ailleurs un changement notable dans la géographie mondiale des dépenses publiques. Pour la première fois, expliquent-ils, les dépenses du secteur public sont plus importantes dans l’ensemble des pays à revenus moyens que dans l’ensemble des pays riches. Pour les chercheurs, cette baisse de régime dans les pays riches s’explique par « des décennies de prix alimentaires bas et le sentiment que le problème de l’approvisionnement alimentaire était résolu ». Cela se ressent dans les priorités de recherches : dans les pays riches, une grande partie des recherches porte désormais sur les technologies liées à l’alimentation et les boissons (44 % du total recherche alimentaire et agricole).
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