Et si le colostrum des chèvres
de chèvres
Et si le colostrum des chèvres devenait une bonne valorisation pour les éleveurs ? Une rencontre s’est déroulée en Charente-Maritime pour présenter un projet.
es rencontres peuvent parfois se pérenniser et évoluer pour aboutir à un projet. L’exemple est donné avec Laurent Poupard, éleveur caprin de Charente-Maritime, qui a tissé des liens, lors du dernier Capr’Inov avec Jihad Daher. C’est en compagnie de Sébastiaan Van Haaren qu’il est venu présenter son projet. Les deux hommes élèvent chacun 1 000 chèvres, l’un en Hollande, l’autre au Liban. Leur point commun : ils veulent mettre en place une filière colostrum caprin en France via Capriscope, une entreprise hollandaise de développement dans les services d’élevage d’animaux.
Le colostrum est donné aux chevreaux ou bien jeté. Alors pourquoi ne pas proposer une autre option ? « Le colostrum est reconnu pour ses substances immunostimulantes. Il est traité, pasteurisé puis transformé en poudre. On peut l’incorporer dans le lait infantile ou bien il peut être proposé en capsule pour les personnes âgées ou pour celles et ceux qui ont un système immunitaire déficient », explique en préambule Jihad Daher.
Que les chèvres sans antibiotiques ni mammite
Un marché se développe avec des demandes de plus en plus importantes des laboratoires pharmaceutiques étrangers. Au départ, la demande était sur 6 000 litres collectés, mais depuis peu de temps le chiffre a presque triplé. « En Hollande, le colostrum caprin est un nouveau marché », affirme Sébastian Van Haaren, consultant agricole à Capriscope. À travers cette opération, il estime que « la valorisation du colostrum caprin est une opportunité pour les éleveurs. »
Concrètement, la première et la seconde traite sont utilisées pour ce projet. « Ce ne sont pas tellement les protéines et les lipides qui nous intéressent mais plutôt les immunoglobulines. Et ce taux dépend beaucoup de ces deux traites. Le colostrum est issu de chèvres n’ayant pas reçu d’antibiotiques pendant la période de tarissement et n’ayant pas de mammite. Les chèvres qui ont eu des périodes de tarissement très courtes ne sont pas valables. Mieux vaut des bonnes périodes de tarissement afin de bénéficier d’un taux d’immunoglobuline haut », détaille l’éleveur libanais. L’hygiène est primordiale aussi bien dans l’équipement et dans le stockage. A chaque étape que ce soit la traite, la transformation, le transport, la qualité se doit d’être au rendez-vous.
Une grande exigence sur la qualité
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Lorsque la traite est réalisée, le colostrum doit être filtré avec un filtre à lait. Une fois cette opération réalisée, il convient de vérifier les impuretés. La densité du colostrum est critique on parle d’un indice de 15 degrés Brix minimum, visible au réfractomètre. « Nous travaillons par lot d’éleveur pour la collecte. Si une chèvre ne répond pas à la qualité, il faut l’exclure, car elle pénalise tout le lot de l’éleveur », prévient Jihad Daher.
L’exigence est là : pas de résidu d’antibiotiques, pas de contaminations de colostrum avec celui de vache ou de brebis, pas d’hormones résiduelles. Si tous les critères de qualité ne sont pas respectés, l’éleveur n’est pas payé. Mais l’éleveur hollandais se veut rassurant : jusqu’à présent aucun lot n’a été jeté.
Un minimum de 120 bouteilles d’un litre
Le colostrum est ensuite mis dans des bouteilles d’un litre garantissant une meilleure homogénéisation de la décongélation par la suite. Elles sont ensuite placées dans un bac d’eau à 4 °C pendant 15-20 minutes. Le colostrum doit être congelé maximum quatre heures après la traite afin de préserver les qualités. Puis direction le congélateur à -18 °C. La conservation s’effectue sans aucun problème pendant six mois. Les bouteilles sont à la charge de l’entreprise hollandaise.
La collecte peut se faire plusieurs fois dans l’année. La traçabilité est de mise là aussi. Les éleveurs doivent être dans une même zone, pour un minimum de 120 litres par éleveur. Le paiement s’effectue après les résultats du laboratoire, soit quatre semaines après la collecte. Le prix sera en fonction de la zone géographique. Pour le Poitou-Charentes, on parle de 4,50 €/litre. Quelques semaines après cette première rencontre, les premières bouteilles sont arrivées chez Laurent Poupard. Il a été convaincu par cette proposition, « je suis toujours en quête de plus-value, de valorisation des produits de la chèvre. »
harentaisRenseignements : [email protected]
TITRE PRINT : À la recherche de colostrum